Le journaliste qui aurait été le premier à signaler le tir entraînant la mort du procureur fédéral Alberto Nisman a quitté l’Argentine par crainte pour sa sécurité.

Damian Pachter, journaliste pour le Buenos Aires Herald en anglais, a quitté le pays samedi, affirme le groupe de presse local Foro de Periodismo Argentino.

Haaretz a rapporté dimanche que Pachter est en route vers Israël, où il « envisage de se réfugier », et qu’il est attendu à Tel Aviv dimanche soir.

Selon Haaretz, Pachter est juif et détient la citoyenneté israélienne. Il aurait confié à un site Internet local : « Je suis parti parce que ma vie était en danger. Mes téléphones étaient surveillés. J’ai l’intention de retourner en Argentine quand mes sources m’informeront que les conditions ont changé. Je ne pense pas que cela arrivera sous le mandat du gouvernement actuel. »

Selon le groupe de presse de Buenos Aires, Pachter a rapporté vendredi qu’il était suivi par des inconnus et qu’il estime que sa sécurité est en danger, mais n’a pas détaillé.

Dans une déclaration, l’employeur de Pachter affirme que le journaliste n’a pas exprimé ses préoccupations au journal, qui se dit prêt à l’aider de quelque manière que ce soit.

Dans l’intervalle, les autorités ont rapporté que Diego Lagomarsino, un expert en informatique qui affirme avoir apporté au procureur Alberto Nisman un pistolet samedi soir à sa demande, a été interdit de quitter l’Argentine.

Lagomarsino, qui a parlé aux autorités peu de temps après la mort de Nisman, a affirmé avoir remis un pistolet de calibre 22 à Nisman, demandé par le procureur pour sa protection.

Celui qui a prêté l’arme interdit de quitter l’Argentine

La justice argentine a interdit de sortir du pays à un proche collaborateur du procureur Alberto Nisman, qui lui a prêté samedi dernier le pistolet avec lequel il se serait suicidé quelques heures plus tard, une mort suspecte qui secoue le pays.

La procureure Viviana Fein, chargé d’enquêter sur ce décès, « attend que termine l’expertise balistique, avec une comparaison d’ADN, et que l’on détermine si le projectile extrait du corps (de M. Nisman) correspond bien à l’arme de calibre 22 trouvée sur place », a expliqué le parquet dans un communiqué samedi.

Diego Lagomarsino, un expert en informatique et collaborateur de confiance d’Alberto Nisman, serait la dernière personne à l’avoir vu en vie, samedi 17 janvier. Le corps du procureur a été retrouvé le lendemain dans son appartement de Buenos Aires.

Le procureur Nisman, en charge notamment depuis dix ans de l’enquête sur l’attentat de la mutuelle juive AMIA en 1994, venait d’accuser la présidente Cristina Kirchner d’avoir entravé l’enquête pour protéger l’Iran de toute mise en cause.

La présidente a affirmé ne pas croire au suicide, première thèse avancée par la justice, dénonçant un complot dans lequel le procureur Alberto Nisman aurait été manipulé puis sacrifié par d’anciens agents des services de renseignement.

Plus de vingt ans après, l’attentat contre l’ambassade d’Israël (29 morts et 200 blessés en 1992) et contre la mutuelle juive AMIA (85 morts et plus de 300 blessés en 1994) n’ont toujours pas été élucidés, ce dernier étant considéré comme le pire attentat terroriste de l’histoire argentine.