David Ben Gurion avait un rêve. Il voulait remplir les collines arides d’Israël avec des arbres. Et ce rêve va bientôt dépasser les frontières et atteindre les déserts reculés du Kenya. En effet, le gouvernement kenyan et le Fonds national juif ont signé un mémorandum de compréhension mardi sur un échange de connaissances et d’expertise au sujet de la plantation de forêts dans des climats secs.

« Les terres sèchent accueillent 2,5 milliards de personnes, soit 30 % de la population mondiale, et couvent 40 % de la surface de la terre », a expliqué la professeure Judi Wakhungu, ministre kényan de l’Environnement et des Ressources naturelles. « Elles accueillent également les personnes les plus démunies et marginalisées du monde. » Environ 80 % des terres kényanes sont considérées arides ou semi-arides.

Wakhungu a ajouté que des délégations kényanes ont participé à des conférences sur la foresterie en Israël, notamment à l’université Ben Gurion dans le Néguev, qui se focalise sur la conservation et la foresterie dans les climats désertiques.

En 2014, des responsables kényans des services forestiers ont commencé à travailler avec leurs homologues israéliens, le KKL (fonds national juif) pendant une série de visites.

« Les Kényans ont développé une culture de plantation d’arbres, mais il faudrait qu’ils puissent avoir recours aux technologies appropriées », a expliqué Emilio Mungo, conservateurs des forêts au Kenya.

Il a fait remarquer que le Kenya compte 2 millions d’hectares (soit la taille de la totalité d’Israël) de forêts publiques, mais qu’il souhaite s’agrandir. « Ce type de technologie ne demande pas beaucoup d’argent, donc nous pouvons commencer à former des gens à ces technologies pendant qu’ils travaillent », dit-il.

Des membres du gouvernement kényan et des responsables du KKL avec le mémorandum de compréhension signé près de Jérusalem, le 27 juin 2017. (Crédit :Avi Hiun, KKL-JNF)

Des membres du gouvernement kényan et des responsables du KKL avec le mémorandum de compréhension signé près de Jérusalem, le 27 juin 2017. (Crédit :Avi Hiun, KKL-JNF)

Selon le mémorandum de compréhension, signé mardi au « VIP Planting Grove » du KKL près du mémorial Yad Kennedy, le Kenya et Israël se sont accordés sur 3 ans d’échanges et de partage d’informations sur l’établissement de forêts dans les régions arides et semi-arides.

La déforestation par l’exploitation forestière illégale et la production de charbon menace de nombreuses forêts kényanes, et coûte au pays plus de 68 millions de dollars par ans, selon une étude du programme environnemental des Nations unies.

Wakhungu a affirmé que le Kenya cherche à intégrer la technologie israélienne dans les domaines de la conservation des sols, la capture des pluies, la surveillance des précipitations, la création de directives forestières et l’implication du public dans la conservation des forêts.

« Une partie de notre objectif et d’agrandir la sylviculture au Kenya, pour que les gens puissent utiliser ce bois pour ce qu’ils ont besoin et ne plus compter sur les forêts naturelles qui nous devons préserver », a expliqué le docteur David Brand, chef forestier et directeur du département forestier du KKL.

Brand travaille au KKL depuis 35 ans, dont huit en tant que chef forestier. Il a ajouté que le KKL a l’intention d’étudier les méthodes traditionnelles kényanes pour voir si Israël peut améliorer sa technologie actuelle.

Le Kenya a également inauguré une « Israel Forest » dans le comté de Kiambu, au nord de Nairobi, à l’occasion de Yom HaAtsmaout cette année avec l’espoir que chaque juif qui se rendra au Kenya reproduise la tradition israélienne de plantation d’arbres en plantant un arbre dans la forêt pendant leur visite.

De plus, la collaboration entre les groupes forestiers kenyan et israéliens étaient l’un des domaines de coopérations spécifiques lors de la visite du président Uhuru Kenyatta en Israël en février 2016 et celle du Premier ministre Benjamin Netanyahu au Kenya en juillet 2016.

« Quand les dirigeants se sont rencontrés, la collaboration sur les forêts en terre sèche était un domaine de coopération majeure, et nous allons nous concentrer sur ce qu’ils ont placé au premier plan », a dit Wakunghu.

La professeure Judi Wakhungu, ministre de l'Environnement et des Ressources naturelles au Kenya et le président du FNJ/KKL Danny Atar, plantent un caroubier près du mémorial Yad Kennedy, le 27 juin 2017. (Crédit :Avi Hiun, KKL-JNF)

La professeure Judi Wakhungu, ministre de l’Environnement et des Ressources naturelles au Kenya et le président du FNJ/KKL Danny Atar, plantent un caroubier près du mémorial Yad Kennedy, le 27 juin 2017. (Crédit :Avi Hiun, KKL-JNF)

Depuis 2014, le KKL travaille dans les régions reculées de Turkana, au Kenya, pour diriger le programme de développement agricole « Furrows in the Desert » pour aider à augmenter la sécurité alimentaire dans la région.

Wakhungu et Danny Atar, président du KKL ont planté un caroubier ensemble, en l’honneur de la signature de ce mémorandum. Selon Brand, ils ont choisi la caroube parce qu’il symbolise la durabilité. « Le caroubier fait partie de nos racines, c’est un arbre très israélien, qui revient souvient dans la Bible », a expliqué Brand.

« Les caroubiers ne produisent de fruits qu’après 70 ans », a ajouté Brand. « Il y a une histoire [dans la tradition juive] d’un vieil homme qui plantait un caroubier. Quand on lui demande pourquoi il plante un arbre dont il ne profitera jamais, il répond que son père avait planté un caroubier pour qu’il puisse en profiter, et qu’il en fera de même pour ses enfants. Le symbole ici, c’est que nos interactions avec la nature doivent porter sur sa protection et sa conservation pour la génération à venir. »