Le Fonds national juif (KKL) a fait mardi un premier pas vers la transparence, en dévoilant pour la première fois de son histoire les détails de sa situation financière et en admettant détenir des terres en Israël pour une valeur estimée à 2 milliards de dollars.

Cette initiative de la part de cette organisation généralement secrète vise à étouffer la critique autour de son statut unique d’entité quasi-gouvernementale, non officiellement soumise à une surveillance directe ou à des audits du contrôleur de l’Etat.

Selon le quotidien israélien Haaretz, le rapport du KKL montre qu’il contrôle des terres estimées à une valeur de 2 milliards de dollars.

D’après le rapport du KKL, l’organisation a généré quelque 567 millions de dollars de recettes au cours de l’année écoulée – les dons représentant environ 6,2 % du total (35,2 millions). Près de 57 % de ces dons, des revenus d’une valeur approximative de 20 200 000 dollars, proviennent d’Amérique du Nord.

L’organisation a une forte tradition de collecte de fonds dans la diaspora, avec ses boîtes de collecte bleues omniprésentes – réinventées dans d’autres teintes – présentes dans les institutions, les entreprises et les foyers juifs.

« La publication du rapport financier du KKL est une étape importante vers une révélation des activités du Fonds au grand public et fournit une réponse définitive aux accusations fausses et insincères de manque de transparence », a déclaré le KKL dans un communiqué cité par Haaretz.

« Contrecarrant la chasse aux sorcières intéressée menée contre lui, [le KKL] opère en conformité avec les normes les plus strictes, à la différence de la plupart des gouvernements et organismes publics en Israël », dit le communiqué.

Bien qu’officiellement défini comme une organisation à but non lucratif, le KKL a une immense influence sur les questions publiques relatives à la propriété foncière en Israël.

L’organisation, fondée à l’origine en 1901 comme une entreprise privée destinée à promouvoir l’implantation juive en Palestine pré-étatique, contrôle actuellement plus de 600 000 hectares de terres – soit près de 13 % de la superficie totale du pays.

L’organisation, qui gère son territoire via l’Autorité des terres d’Israël, est impliquée dans le développement de milliers de parcs et réservoirs naturels à travers le pays.

L’organisation a également alloué des terres à des fins agricoles et participe à la création de plusieurs villes et villages. En 2014, le KKL a versé à l’Autorité des terres d’Israël quelque 332 millions de dollars pour la gestion de ses terres, soit 60 % de ses revenus, selon Haaretz.

D’autres frais comprennent 114 325 148 de dollars en salaires à 950 employés du KKL, et 31 610 640 en paiements de retraites.

Le FNJ a également alloué 21 337 182 de dollars à des fins éducatives. L’organisation a versé 15 146 765 à l’Organisation sioniste mondiale et 4 346 463 de dollars à Nefesh B’Nefesh. 5 268 440 de dollars ont été versés à d’autres organisations anonymes, selon Haaretz.

Malgré son rôle public important, les dossiers financiers du KKL ont pendant des années été gardés secrets. Des tentatives ont été faites dans le passé pour réviser légalement le statut du KKL et le définir comme une société d’utilité publique dans le but de le forcer par la loi à publier ses dossiers.

Néanmoins, la semaine dernière, la Knesset a rejeté un projet de loi visant à accroître la transparence de l’organisation, par 55 députés votant contre la motion et 35 en sa faveur, a rapporté The Marker.