Le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh a déclaré mardi que dans ses jeunes années il a compris, « à quel point l’Holocauste représentait un tournant pour le peuple juif ».

Odeh, chouchou des médias et leader à la voix douce d’une liste de députés constitués à partir du Part communiste – Hadash – du parti nationaliste Balad et du parti islamiste Mouvement islamique, a aussi déclaré dans un entretien accordé à la Deuxième chaîne qu’il « a visité tous les musées, a rencontré des survivants de la Shoah, et qu’il se demande comment se fait-il que parmi tous les peuples, les Juifs acceptent une réalité, où une minorité vivant au milieu d’eux, est persécutée ».

Le leader de la Liste arabe unie a également raconté de nombreux incidents où il a été interrogé par l’Agence israélienne de sécurité (Shin Bet) dans sa jeunesse.

« J’étais dans un état psychologique très troublé, dans un état de paranoïa, se remémore-t-il, les larmes aux yeux. Je me souviens que quand je descendais d’un bus, s’il y avait quelqu’un assis à la station, je pensais qu’il était peut-être du Shin Bet et qu’il était venu pour moi. »

Le chef de ce qui est devenu une grande force politique – le troisième plus grand parti de la nouvelle Knesset après le Likud et l’Union sioniste – définit le chef du parti Yisrael Beitenu, Avigdor Liberman, – qui accuse régulièrement les politiciens arabes d’être la cinquième colonne et les représentants des groupes terroristes – comme étant « la marque de Caïn sur le front de la société israélienne ».

Odeh, habituellement calme, a admis que certains de ses échanges avec Liberman l’avait « mis très en colère, presque enragé ».

Il a ajouté qu’il lui a fallu beaucoup de temps pour se rendre compte que malgré toutes leurs victoires militaires, les Israéliens juifs craignaient encore la minorité arabe qui vit au milieu d’eux. « Mon objectif est que les Juifs se sentent en sécurité dans leur pays », a-t-il affirmé.

Lorsqu’on lui a demandé si sa vision d’un Etat égalitaire menace la majorité juive, Odeh a répondu que « [les Juifs] représentent 80 % [de la population], vous êtes forts, vous devriez intérioriser ce fait ».