Le leader spirituel du mouvement israélien des Hébreux noirs, Ben Amni Ben-Israel, est brutalement décédé à 75 ans samedi, plongeant sa communauté dans la peine et l’incrédulité.

« C’est un choc car il était très aimé de la communauté ; il a énormément fait pour notre communauté et pour que nous ayons une vie saine et pieuse », a précisé Yafah Baht Gabriel, la porte-parole de la communauté, au Times of Israel dimanche.

« L’amour que tout le monde avait pour lui irradiait dans tout le village », décrit-elle.

Ben Israel est né à Chicago sous le nom de Ben Carter en 1939, qui est aussi le lieu où le mouvement a été fondé. Il racontait qu’il avait reçu la visite de l’ange Gabriel en 1966.

Ce dernier lui a donné l’ordre de ramener sa communauté sur la Terre d’Israël. En 1967, il a mené un groupe de 350 croyants au Liberia, où ils ont vécu pendant deux ans et demi pour se purifier spirituellement, avant d’arriver en Israël en 1969.

Le gouvernement les a installés à Dimona, une ville isolée dans le désert du Néguev, où la majorité des Hébreux noirs vivent toujours aujourd’hui dans un kibboutz urbain appelé le Village de la Paix.

Ils affirment être les descendants des israéliens de la Bible, plus précisément les descendants de la tribu de Judas. Ils ont adopté un style de vie végétalien en raison d’un verset de la Genèse.

Considéré comme étant le messie par ses disciples, Ben-Israel a retracé l’origine de son groupe à la tribu de Judas. Ils auraient ensuite été en Afrique de l’Ouest après la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère où auraient été vendus comme des esclaves aux Etats-Unis des siècles plus tard.

Ben-Israel a mené la lutte des Hébreux noirs pour obtenir la reconnaissance de l’Etat israélien et un permis de résident permanent, car cette communauté est parfois décrite comme étant une secte à la réputation douteuse en raison du nombre de personnes qui pratiquent la polygamie au sein de cette communauté.

Le grand rabbinat refuse de les reconnaître comme juifs et la communauté, qui compte environ 3 000 adeptes, refuse de se convertir, car ils affirment qu’ils sont déjà Juifs.

Les Hébreux noirs célébrants la moisson de Shavuot à Dimona (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)

Les Hébreux noirs célébrants la moisson de Shavuot à Dimona (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)

Ben Israël a travaillé sans relâche pour promouvoir la cause des Hébreux noirs auprès du ministère de l’Intérieur et de la société israélienne en général.

Beaucoup d’entre eux sont entrés dans le pays en tant que touristes et ils étaient dans l’illégalité jusqu’à ce que le ministère de l’Intérieur leurs accorde le statut de résident temporaire en 1992. Ils ont obtenu le statut de résident permanent en 2003. Le premier Hébreu noir a obtenu la citoyenneté en 2009. Les Hébreux noirs servent dans l’armée.

La communauté commence à être peu à peu acceptée en Israël. En 2008, le président Shimon Peres a participé à la cérémonie de célébration des 85 ans de la communauté à Dimona. Il a salué leur engagement pour développer le Néguev et l’amour pour Israël.

Les membres de cette communauté s’habillent avec des vêtements aux couleurs vives qu’ils fabriquent eux-mêmes. Ils rejettent toutes formes de contraception. Le groupe compte plusieurs milliers de membres aux Etats-Unis, dans les Caraïbes, en Afrique et aux Royaumes Unis.

En Israël, ils ont développé des commerces artisanaux et de couture et ont formé une chorale. Ils ont créé une usine de glace au Tofu et ouvert plusieurs restaurants végétaliens.

La communauté fournit de l’aide humanitaire en Afrique. Au Ghana, un pays dont les tribus auraient des racines hébraïques, les membres enseignent les méthodes d’agriculture biologique et ont foré plusieurs puits.

Plusieurs membres ont aussi réussi à se faire connaitre du grand public. Deux chanteurs de la communauté ont représenté Israël lors de l’Eurovision en 1991. Un autre chanteur a été tué lors d’une attaque terroriste qui avait eu lieu lors d’une réunion de famille en 2002 à Hadera.

« Bien que nous soyons évidemment tristes d’avoir perdu la présence physique de notre Saint Père », affirme Ahmadiel Ben Yehuda, un porte-parole, « nous trouvons néanmoins du réconfort dans le fait que son esprit vit en chacun d’entre nous. Son exemple et son engagement sans faille à Yahvé et Son peuple seront une flamme éternelle dans nos cœur et la lumière qui nous guidera sur notre chemin ».

Baht Gavriel n’a pas précisé la cause de son décès. Ben-Israel laisse derrière lui 4 femmes et 20 enfants.
« Nous allons continuer, nous allons continuer à développer notre communauté pour montrer à quel point nous l’aimons », a expliqué Baht Gavriel. « C’est un choc et c’est douloureux, mais nous sommes déterminés à continuer. »