Le Qatar aurait expulsé le chef politique du Hamas, Khaled Meshaal, après l’avoir accueilli pendant ces trois dernières années, a annoncé mardi le ministère israélien des Affaires étrangères.

Cette décision, d’abord divulgué par un journal turc dimanche, a été rapidement démentie par un responsable du groupe islamiste.

Selon un article publié dans le journal de gauche turc Aydınlık, le Qatar fait face à la pression de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis pour expulser Meshaal.

Selon CNN, qui cite une agence de presse dirigée par le Hamas, Meshaal et d’autres membres des Frères musulmans se rendraient en Turquie.

Le 20 décembre, le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi a rencontré le Sheikh Mohammad Bin Abdul Rahman, l’envoyé spécial du dirigeant qatari Sheikh Tamim Bin Hamad al-Thani. La rencontre s’est apparemment conclue par la fin à l’hostilité de longue date entre les deux pays, une hostilité qui trouve son origine dans le fait que le Qatar soutienne le Hamas et les Frères musulmans.

Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a félicité le Qatar de sa décision d’expulser Meshaal.

« Le ministère des Affaires étrngères, dirigé par le ministre Avidgor Liberman, a proposé différentes décisions pour permettre au Qatar de suivre les étapes et d’arrêter le Hamas, directement ou indirectement. A cette fin, le ministère Liberman et le personnel professionnel du ministère ont agi par des voies ouvertes et déguisées avec le Qatar et d’autres Etats. Nous nous attendons à ce que le gouvernement turc suive l’exemple », peut-on lire dans le message.

Mais le responsable du Hamas, Izzat al-Rishq, nie les informations selon lesquelles Meshaal a été expulsé.

« Il n’y a aucune part de vérité dans ces articles publiés dans les médias au sujet du départ de Khaled Meshaal du Qatar », écrit Rishq sur sa page Facebook mardi après-midi.

Selon les informations relayées par les médias arabes, l’accord entre l’Egypte et le Qatar inclut la fermeture de la chaîne Qatari d’information Al-Jazeera Mubasher Misr (connue pour ses positions anti-Sissi) le 22 décembre, l’extradition des membres des Frères musulmans égyptiens du Qatar vers l’Egypte et l’arrêt du financement des Frères musulmans par le Qatar.

Si cela était avéré, le départ de Meshaal du Qatar marquerait la fin de la présence politique du Hamas dans le monde arabe. Expulsé de Jordanie en août 1999 et choisissant de rompre les liens avec le régime Assad en Syrie en janvier 2012, Meshaal a lutté – et échoué – pour encourager l’appui des mécènes politiques dans le tumultueux Moyen-Orient arabe.

Lorsqu’il a participé à un rassemblement « pour la justice et le développement » organisé par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Konya 27 Décembre, Meshaal a félicité le peuple de la Turquie pour avoir [le Premier ministre Ahmet] Davutoğlu et le président Recep Tayyip Erdoğan comme chefs d’Etat, ajoutant qu’ « une Turquie forte signifie une forte Palestine … Inchallah, Dieu est avec nous et avec vous sur le chemin de la victoire. »

La Turquie accueille déjà le dirigeant du Hamas Saleh Al-Arouri, qu’Israël accuse de diriger des attaques terroristes contre ses citoyens.

Ricky Ben David et Avi Issachroff ont contribué à cet article.