Les États-Unis ne sont pas vraiment intéressés dans la lutte contre les dangers liés aux djihadistes sunnites menaçant le Liban, mais utilisent la peur du public de l’État islamique pour promouvoir leurs propres intérêts dans la région, a déclaré mardi un des chefs du Hezbollah.

Naim Qassem, qui est le chef adjoint du Hezbollah, a déclaré au quotidien libanais As-Safir que l’État islamique et Al-Nusra constituaient « un grand danger pour le Liban» mais qu’ils pouvaient être surmontés face à un effort coordonné par les forces libanaises.

Le Secrétaire d’Etat américain John Kerry arrivera au Moyen Orient mardi pour discuter de nouveaux moyens de lutte contre l’État islamique, anciennement connu sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, qui s’est emparé de vastes zones en Syrie et en Irak et a déclaré un califat islamique.

Pendant ce temps, le président Barack Obama devrait prononcer un discours politique majeur mercredi décrivant sa vision de la lutte contre l’État islamique avec les alliés américains dans la région.

Mais Qassem n’a pas été impressionné par les actions des Américains.

« La mobilisation internationale dirigée par les Etats-Unis qui souhaite éliminer le danger takfiri [islamiste] n’est pas sérieuse » a déclaré Qassem. « Cette mobilisation vise à créer des [nouvelles] frontières… et à utiliser ce danger comme un épouvantail dans certains domaines à des fins politiques ».

L’État islamique tient quelque 20 soldats libanais et policiers capturés le mois dernier dans la ville frontalière d’Arsal.

Des images macabres de la décapitation de l’un des captifs libanais, Abbas Medlej, téléchargées samedi, ont créé une onde de choc à travers le pays.

Les familles des captifs ont bloqué des routes, brûlé des pneus et envoyé des hommes armés dans les rues en signe de protestation.

Le Hezbollah a envoyé des milliers de combattants armés en Syrie au cours des deux dernières années dans le but de renforcer son allié Bashar el-Assad, qui est en lutte contre les forces de l’opposition, qui pour beaucoup d’entre elles sont islamistes.

L’Arabie saoudite confirme qu’elle accueillera jeudi une réunion arabo-américaine « sur le terrorisme »

L’Arabie saoudite a confirmé mardi qu’elle accueillera jeudi à Jeddah (ouest) une réunion arabo-américaine, avec la participation de la Turquie, sur la lutte contre « le terrorisme ».

Les six monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar), ainsi que l’Egypte, la Jordanie, la Turquie et les Etats-Unis, participeront à cette réunion qui discutera de « la question du terrorisme dans la région, des organisations extrémistes et des moyens de les combattre », a précisé l’agence officielle saoudienne Spa.