Le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu a l’intention de revenir à des budgets sur deux ans, une politique financière que son gouvernement avait adoptée lors de son mandat de 2009 à 2013 mais qui avait été abandonnée par le gouvernement récemment dissous.

La decision de réintroduire cette politique n’a pas été motivée par des considérations budgétaires, mais dans le but de stabiliser la future coalition au pouvoir de Netanyahu, ont révélé à Haaretz de hauts responsables du parti.

Sous réserve de l’approbation de la Knesset, tous les futurs ministères seront tenus de présenter un budget tous les deux ans, au lieu du format standard d’un an.

Les budgets biennaux ont été annulés en 2013 par le ministre des Finances d’alors Yair Lapid, qui a accusé cette stratégie économique peu orthodoxe d’accroître le déficit croissant d’Israël.

Un responsable du Likud a déclaré que le parti avait commencé à soulever la question avec ses partenaires potentiels de coalition, et a affirmé que la méthode « diminuerait de manière significative » les combats entre eux sur leurs exigences budgétaires respectives.

« Si nous établissons un budget biennal, le nouveau gouvernement pourra tenir jusqu’en mars 2019, » a-t-il expliqué.

Le budget actuel, a poursuivi la source, sera un document portant sur deux ans, d’autant que le budget 2015 n’avait pas encore été adopté. Et préparer un document de six mois n’est pas réalisable, a-t-elle dit.

Le responsable a déclaré que, bien que cette décision n’avait pas encore fait face à une forte opposition, le parti n’est toujours pas sûr de ce qu’en pense le chef du parti Koulanou, Moshe Kahlon – qui est pressenti pour être le ministre des Finances.

Une source au sein de son parti a dit que le ministre pressenti ne rejetait pas l’idée de façon pure et simple, mais a ajouté que « nous ne discutons pas de cela ».

Lapid avait ouvertement critiqué la politique mise en place par son prédécesseur Yuval Steinitz, en disant qu’un budget de deux ans a conduit à des dépenses excessives et avait empêché le gouvernement de résoudre efficacement les questions économiques.

Les désaccords au sein de la coalition précédente de Netanyahu sur le budget 2015 ont été partiellement responsables de la dissolution du gouvernement en décembre dernier.

Le déficit budgétaire d’Israël en 2012 avait atteint 39 milliards de shekels – 4,2 % du PIB – soit plus du double de la projection originale.