Un sondeur républicain qui a travaillé sur la campagne de réélection du Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé sur une station de radio de New York dimanche que les sondages internes du parti du Likud réalisés deux jours avant l’élection du 17 mars auguraient déjà la victoire du parti de droite.

Les sondages électoraux publiés dans divers médias israéliens le vendredi avant les élections de mardi dernier ont montré que Likud était dépassé par l’Union sioniste de plusieurs sièges, et les estimations 17 des sondages de sortie des urnes avaient annoncé que les deux parties étaient au coude à coude.

Les résultats définitifs, cependant, ont décerné la victoire décisive de Likud avec 23 % des voix, soit 30 sièges, six de plus que l’Union sioniste.

John McLaughlin, le sondeur qui a travaillé sur la campagne électorale du Likud, a déclaré lors de l’émission « The Cats Roundtable » que malgré le fait que « la plupart des sondages des médias israéliens avaient prédit que Netanyahu et que son parti le Likud allait perdre contre la gauche jusqu’à la vendredi… pendant le week-end, Netanyahu a augmenté [dans les sondages internes]. Dans notre dernier sondage [du dimanche soir], nous avons eu que le Likud obtiendrait 23 % des voix, et c’est ce qu’ils ont obtenu ».

Les critiques de Netanyahu ont dénoncé la manière dont il a attiré du soutien pour son parti apparemment en perte de vitesse en appelant le jour des élections les partisans du Likud à voter parce que « les électeurs arabes se ruent en masse dans les bureaux de vote ».

Selon McLaughlin, cependant, il n’y avait aucune indication que le Likud était à la traîne. Et il a attribué la décision prise lundi soir par l’Union sioniste de revenir sur l’accord de rotation de la fonction du Premier ministre entre le chef du parti Isaac Herzog et la numéro 2 de la liste Tzipi Livni sur le fait qu’ « ils avaient obtenu les mêmes [résultats] de sondages que nous avons eu ».

Herzog a déclaré dans une interview samedi que les sondages de son parti avaient montré qu’ils avaient cinq sièges d’avance sur le Likud de Netanyahu à midi le jour de l’élection. Même lorsque les estimations des sondages de sortie des urnes de la télévision ont été annoncées à la fin du scrutin ont montré que les deux parties étaient au coude à coude, il s’attendait à être en mesure de former une coalition, et non Netanyahu, a révélé Herzog.

Figure parmi ceux qui ont critiqué la remarque « les Arabes votent » de Netanyahu le jour de l’élection, le président américain Barack Obama, qui a souligné que « ce genre de rhétorique était contraire à ce qui est le meilleur des traditions d’Israël ».

Suite à ces critques, Netanyahu a affirmé qu’il ne mettait pas en garde au sujet des électeurs arabes en soi, mais plutôt contre les efforts présumés d’acteurs étrangers qui tenteraient d’influencer le résultat de l’élection en ralliant les électeurs de gauche.

Le sondeur a également fait écho aux affirmations de Netanyahu sur cette influence étrangère, et a pointé du doigt Obama, affirmant que le président « et ses alliés jouaient dans l’élection mettre en échec » Netanyahu.

McLaughlin a déclaré qu’une grande quantité de l’argent des contribuables américains servaient à financer des groupes tels que V15, qui, a-t-il allégué, a travaillé pour unir les partis arabes dans une liste commune pour faire ressortir le vote contre le Likud.

« Les gens du département d’Etat à la fin du mois de janvier et début février, a accordé des visas en urgence aux dirigeants arabes [israéliens] pour qu’ils viennent aux États-Unis pour apprendre à voter. Habituellement, ils sont dans trois partis différents qui avaient 11 membres à la Knesset… ils ont fait plus cette fois… », explique-t-il.

« Il y a des gens aux États-Unis qui les ont organisé en un parti afin qu’ils aident le candidat du centre-gauche Herzog, que l’administration Obama préférait ».

McLaughlin a déclaré que les Israéliens, eux, ont préféré Netanyahu à Obama.

« Les Israéliens n’aiment pas le fait que le président soit devenu un partisan », a déclaré McLaughlin. « Ils sont habitués à avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis, que ce soit les républicains ou les démocrates ».

« [Obama] est devenu un grand point négatif là-bas… (Sur la sécurité), ils sont très préoccupés par ce que le président pourrait faire avant qu’il ne quitte ses fonctions… Le président a vraiment surestimé sa main, » a-t-il conclu.