Le Likud, parti de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, devrait perdre sa place de première formation au Parlement à la suite de l’annonce de la prochaine démission du ministre de l’Intérieur Gideon Saar.

Gideon Saar a annoncé mercredi soir sa démission, effective à la mi-octobre, du gouvernement et du Parlement. « Mon intention est de faire une pause dans ma vie politique et de quitter le gouvernement et la Knesset », a-t-il dit lors d’une réunion de ses partisans au sein du Likud.

Gideon Saar, que de nombreux commentateurs présentaient comme un rival et un successeur potentiel de Benjamin Netanyahu, a invoqué des raisons personnelles.

« La politique n’est pas une profession (…) Je suis actif au service du public depuis vingt ans, je peux me permettre de faire une pause », a-t-il dit.

Une fois sa démission entérinée au Parlement, le Likud ne disposera plus que de 18 députés et sera dépassé par Yesh Atid, le parti centriste du ministre des Finances Yaïd Lapid, fort de 19 députés.

Saar devrait en effet être remplacé, non pas par un membre du Likud, mais par son suivant sur la liste électorale, un membre d’Yisrael Beytenu, le parti nationaliste du chef de la diplomatie Avigdor Liberman, par le jeu d’un accord de liste commune conclu entre les deux formations lors des élections de janvier 2013.

Yisrael Beytenu, avec 13 députés, deviendrait le troisième parti du pays.

Avigdor Liberman a annoncé le 7 juillet que son parti rompait son alliance avec le Likud et reprenait son indépendance au Parlement sans quitter le gouvernement. Avigdor Liberman justifiait sa décision par le refus du Premier ministre de lancer une opération terrestre massive contre le Hamas dans la bande de Gaza.

Les commentateurs se divisaient jeudi sur les conséquences de la démission de Gideon Saar. Certains envisageaient un affaiblissement des positions de Benjamin Netanyahu et du Likud.

« Netanyahu reste sans rival selon tous les sondages et la marque Likoud reste solide », a dit en revanche à l’AFP Hanan Cristal, commentateur de la radio et de la télévision publiques.

Netanyahu dispose d’une majorité de 68 sièges (droite, ultra-nationalistes et centre droit) sur 120 à la Knesset. L’opposition compte 52 sièges (travaillistes, ultra-orthodoxes, gauche laïque, partis arabes).