Le leadership du Luxembourg de l’époque de la Seconde Guerre mondiale a volontiers coopéré avec les nazis allemands dans leur persécution des Juifs pendant l’Holocauste, selon une étude commandée par le gouvernement luxembourgeois.

Le rapport d’un groupe d’historiens, dirigés par Vincent Artuso de l’Université du Luxembourg, a été publié mardi, deux ans après avoir été commandé par Jean-Claude Juncker, ancien Premier ministre du petit pays.

« Les administrations luxembourgeoises sous l’occupation n’ont pas été contraintes de participer à la persécution antisémite nazie sous la menace », déclare le rapport de 190 pages.

« Elles ont collaboré après y avoir été invitées par l’occupant et ont souvent rempli leur tâche avec diligence, zèle même – certains chefs n’ayant pas hésité à prendre des initiatives », poursuit le rapport.

Le Luxembourg était neutre lors de l’invasion allemande en 1940, et a finalement été annexé. Un soulèvement national et une grève générale ont suivi l’annexion. Après son annulation, les Allemands ont institué la conscription militaire obligatoire pour les hommes.

C’est une découverte en 2013 de l’historien Denis Scuto d’une liste de 280 enfants juifs déportés vers leur mort qui a généré un débat public et poussé l’ancien Premier ministre Juncker à commander l’étude sur la complicité de son pays pendant l’Holocauste.

Selon le musée Yad Vashem à Jérusalem, le Luxembourg comptait 3 500 Juifs avant l’invasion allemande, dont 1 945 ont été assassinés dans les camps de la mort et dans le pays lui-même. Seuls quelques Juifs sont revenus après la guerre.