L’historien Pavel Polian a réussi à déchiffrer un texte de 13 pages retrouvé en 1980 lors de fouilles dans le camp de concentration d’Auschwitz.

Treize pages rédigées en grec, retrouvées dans un thermos rangé dans un sac de cuir, et écrites par Marcel Nadjari, rapporte le journal belge Le Vif, citant plusieurs quotidiens allemands.

Assisté par ordinateur, l’historien a pu faire parler ces pages où la plupart des mots avaient été effacés. On connaît d’autre part la vie de Marcel Nadjari par ses mémoires écrites à son retour à Thessalonique.

« Marcel Nadjari est emprisonné à Auschwitz en avril 1944, relate Le Vif. Deux ans plus tôt, ses parents et sa jeune soeur Nelly ont été déportés à Auschwitz. Il ne les reverra jamais. À son arrivée, il est incorporé au Sonderkommando d’Auschwitz, une unité qui, comme l’explique De Morgen, se compose principalement de prisonniers juifs contraints par les SS de vider les chambres à gaz, de défaire les corps de leurs cheveux et de leurs dents en or et puis de brûler les dépouilles.

Il raconte le sort des juifs hongrois exterminés en quelques semaines : « Notre tâche était de les accueillir, la plupart ne se rendaient pas compte de ce qui les attendait. Aux personnes dont le sort était scellé, je disais la vérité. Une fois nues, elles allaient dans la chambre de la mort où les Allemands avaient soi-disant installé des douches. À coup de cravache, on les obligeait à se rapprocher comme des sardines dans un bocal, et puis on fermait les portes hermétiquement. »

Il conclut : « Je ne suis pas triste de mourir, mais je suis triste de ne pas pouvoir venger la mort des miens. Comment pourrais-je craindre la mort après tout ce que mes yeux ont vu ici ? »

Marcel Nadjari décède à New York le 31 juillet 1971.