Le ministre de la Défense Avigdor Liberman s’en est pris sur Twitter aux émeutiers ultra-orthodoxes qui ont attaqué mardi la police dans le quartier Mea Shearim de Jérusalem.

« Alors que les meilleurs parmi nos fils et nos filles risquent leur existence pour défendre notre pays, un groupe extrémiste, violent et antisioniste tente d’empêcher l’enrôlement de Juifs ultra-orthodoxes dans l’armée, a-t-il tweeté. C’est une honte. »

Liberman s’était rendu dans le quartier ultra-orthodoxe de la capitale pour une visite de condoléances à un militant des droits à la santé qui a perdu un membre de sa famille.

Quelques heures plus tard, la police s’était rendue dans le quartier et avait mené une opération dans les bureaux de militants opposés au service militaire. Des hommes et des femmes ultra-orthodoxes s’étaient alors opposés aux policiers, menant à l’arrestation de trois personnes, a annoncé la Deuxième chaîne.

Un homme ultra-orthodoxe dans un bureau d'opposants au service militaire obligatoire dans le quartier de Mea Shearim après un raid de la police, le 8 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un homme ultra-orthodoxe dans un bureau d’opposants au service militaire obligatoire dans le quartier de Mea Shearim après un raid de la police, le 8 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il y a eu ces derniers mois une recrudescence des actions parfois violentes de la part d’extrémistes ultra-orthodoxes qui s’opposent avec véhémence au service militaire obligatoire. En tant que ministre de la Défense, Liberman est considéré comme le responsable du recrutement militaire des jeunes ultra-orthodoxes.

La police a fait savoir qu’alors que le ministre se trouvait encore dans l’appartement, des manifestants ultra-orthodoxes avaient commencé à se réunir à l’extérieur de l’immeuble. Les gardes du corps de Liberman avaient alors demandé le renfort de la police et des agents étaient arrivés pour disperser la foule et escorter l’entourage du ministre lorsqu’il avait dû quitter les lieux.

Des agents de la police israélienne s'opposent à des femmes ultra-orthodoxes qui brandissent des drapeaux palestiniens au cours d'une opération menée dans un bureau d'opposants au service militaire obligatoire dans le quartier de Mea Shearim, le 8 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des agents de la police israélienne s’opposent à des femmes ultra-orthodoxes qui brandissent des drapeaux palestiniens au cours d’une opération menée dans un bureau d’opposants au service militaire obligatoire dans le quartier de Mea Shearim, le 8 août 2017 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que la voiture de Liberman s’éloignait de la zone, les manifestants s’étaient opposés aux policiers, jetant des pierres et autres objets. Pendant l’altercation, une pierre avait blessé une petite fille de huit ans à la tête alors qu’elle était sur le bas-côté.

La police et les habitants avaient prodigué les premiers soins à l’enfant avant que les services d’urgence de Magen David Adom ne viennent l’évacuer vers un hôpital, dans un état de santé satisfaisant.

La police avait alors dispersé la foule, a indiqué le communiqué.

Un porte-parole de Liberman a minimisé l’incident, disant qu’il n’y avait rien eu de plus que quelques cris lorsqu’il avait quitté l’immeuble et que le ministre n’avait pas été pris pour cible par les lanceurs de pierre.

Les actions contre le service militaire obligatoire ont inclus des mouvements de protestations massifs de milliers de manifestants à Jérusalem, Bnei Brak et Beit Shemesh, des villes qui comptent d’importantes communautés ultra-orthodoxes. Les arrestations de conscrits réfractaires ont également donné lieu à des manifestations d’ampleur.

Les Israéliens ultra-orthodoxes, qui, depuis des années, jouissent d’une exemption du service militaire, s’opposent à ce qu’ils disent être une observation laxiste de la loi juive au sein de l’armée. De récentes tentatives visant à répondre aux besoins des soldats ultra-orthodoxes ont rencontré un certain succès mais un grand nombre de recrues dans la communauté doivent encore faire face au harcèlement, aux menaces et aux agressions lorsqu’ils se trouvent en permission dans des quartiers ultra-orthodoxes.

Certains segments de la société ultra-orthodoxe refusent de reconnaître l’Etat d’Israël et s’opposent au sionisme, car ils croient que l’établissement d’un Etat juif ne devra se faire qu’après l’arrivée du messie.