Le ministre de l’Education Shai Piron a rencontré les dirigeants des Conseils régionaux du Sud lundi pour mettre en place des mesures de sécurité dans les écoles près de la frontière avec Gaza pour la rentrée prévue initialement lundi prochain, le 1er septembre.

Le maire d’Ashkelon, Itamar Shimoni, a claqué la porte d’une réunion avec Piron et les maires du sud à Beer Sheva pour protester contre l’annonce de Piron que la rentrée scolaire se fera malgré le manque de sécurité.

Shimoni a déclaré que la rentrée scolaire ne se fera pas tant que les tirs de roquettes de la bande Gaza continueraient.

Le porte-parole du ministère de l’Education, Roi Flyschman, explique que « le ministre de l’Education essaie de trouver la meilleure solution pour chaque région ».

« Il y a certains endroits où la rentrée se fera comme cela a été planifié. A d’autres endroits, la rentrée se fera plus tard à cause des changements de transport, mais il nous reste une semaine. Si les enseignants ne se sentent pas en sécurité, si les enfants ne se sentent pas en sécurité, les cours ne reprendront pas [à ces
endroits] », ajoute-t-il.

Le ministre de l'Education Shai Piron avec les dirigeants des Conseils régionnaux du sud d'Israël à la réunion de Beer Sheva le 25 août 2014 (Crédit : courtoisie du ministère de l'Education)

Le ministre de l’Education Shai Piron avec les dirigeants des Conseils régionnaux du sud d’Israël à la réunion de Beer Sheva le 25 août 2014 (Crédit : courtoisie du ministère de l’Education)

Piron a également discuté avec les responsables de l’Education sur le fait de fournir un soutien psychologique aux élèves du Sud en raison de l’été qui a été difficile pour eux. Piron a souligné pendant la réunion que « la sécurité est [notre] première priorité ».

Flyschman explique que le ministre évaluera chaque ville au cas par cas pour déterminer la marche à suivre.

Cela lui permettra de voir quelles écoles ont les protections adéquates, et certaines écoles n’ouvriront peut-être pas du tout. C’est une position différente de la déclaration de Piron de jeudi dernier, quand il a affirmé que le ministère était « préparé à toutes les éventualités de sécurité possible ».

Il avait affirmé que « la rentrée se fera comme d’habitude ».

La décision finale pour savoir quelle école ouvrira sera prise par les Conseils régionaux et le Commandement de la Défense passive, pas par le ministère de l’Education.

Lors de la réunion du cabinet dominicale, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé aux enseignants et aux élèves de s’armer de patience alors que l’opération Bordure protectrice entrait dans son 49ème jour.

« Je l’avais affirmé le premier jour de l’opération que cela pourrait prendre du temps, nous sommes préparés à l’éventualité que cette campagne puisse continuer même après la rentrée scolaire », avait-il déclaré.

Adele Raemer, qui vit au kibbutz Nirim et enseigne l’anglais dans les écoles de la région d’Eshkol, explique qu’elle est perturbée par la décision de Piron de rouvrir toutes les écoles coûte que coûte.

« Quand le ministre de l’Education affirme que les écoles rouvriront en toutes circonstances, je pense qu’il a été un peu insensible », déclare Raemer. Les réunions d’enseignants sont censées se tenir cette semaine, même s’il n’y a pas d’enfants dans les communes.

« Oui les écoles sont protégées, mais [le problème] c’est d’arriver à l’école », continue Raemer.

Il n’y a pas que les dangers lorsque les bus sont en route, il faut s’assurer qu’il y ait des abris près des arrêts de bus qui puissent accueillir tous les élèves du bus, ou que les bus soient protégés, ou s’assurer que les enfants puissent être transférés rapidement du bus à l’école – tous ces problèmes font qu’il est impossible que des enfants se trouvent dans la région tant que les roquettes tombent de manière ininterrompue, explique Raemer.

Dans certaines zones rurales, les élèves font 40 km pour aller à l’école sur des routes bombardées par les roquettes, a écrit Shai Hajaj, qui dirige le Conseil local de Merhavim dans le nord du Néguev, à Israel Hayom.

Adele Raemer, professeur d'anglais le 6 août 2014 (Crédit : Mélanie Lidman/Times Of Israel)

Adele Raemer, professeur d’anglais le 6 août 2014 (Crédit : Mélanie Lidman/Times Of Israel)

Raemer, qui est restée chez elle à Nirim pendant tout l’été, explique que le pire pour les parents et les élèves, c’est que pendant la trêve, ils étaient persuadés que la guerre était presque finie.

Nirim est situé à moins de 2 km de Gaza, et ce week-end, elle a observé les résidents de sa commune repartir dans le Nord auprès de ceux qui les ont accueillis cet été, au kibbutz Mishmar Haemez. Les personnes du troisième âge seront transportées à Ein Gedi.

« Il y a beaucoup de personnes qui sont troublées et qui ne se sentent plus en sécurité, encore une fois », explique-t-elle.

« Je suis retournée dormir dans mon lit [et pas dans la pièce renforcée] pour deux nuits », raconte Raemer.

« On avait l’impression que le pire était passé, que ça allait bientôt se finir et là, boom. Les choses empirent ».