Un système de détection précoce qui utilise les odeurs devient mobile.

La technologie d’analyse de la respiration NaNose développée par le professeur Hossam Haick du Technion sera bientôt installée dans un téléphone mobile, pour être appelé, le SniffPhone.

Un minuscule capteur d’odeurs sera installé en accessoire au téléphone, et en utilisant des programmes spécialement mis au point, le téléphone sera capable de « sentir » la respiration des utilisateurs pour déterminer s’ils ont le cancer, ou autres graves maladies.

En identifiant « l’odeur » spéciale émise par les cellules cancéreuses, le système NaNose peut détecter la présence de tumeurs, à la fois bénines et malignes, efficacement et à moindre coût, alors que ce n’était possible avant, explique Haick.

« Les techniques de disgnostic du cancer sont inefficaces et peu pratiques », dit-il. La technologie NaNose, continue-t-il, « pourrait faciliter un intervention thérapeutique plus rapide, en remplaçant des procédures couteuses et longues qui conduiraient en fin de compte à la même intervention ».

Selon la recherche effectuée par l’équipe de Haick, le système NaNose a un taux de fiabilité de 90 %.

Le téléphone mobile est simplement un véhicule pour utiliser la technologie NaNose qui peut être utilisée partotr et en toutes circonstances, y compris dans les zones rurales des pays en développement où apporter des équipements de test sophistiqués est impossible.

La mise en place prévoit qu’une puce avec la technologie NaNose soit installée dans un appareil qui est attaché au téléphone portable, et qu’une application lise les données du capteur, en les analysant sur l’appareil ou en téléchargeant vers un cloud [nuage] pour les traiter.

La technologie NaNose sera particulièrement utile dans la lutte contre le cancer du poumon, déclare Haick.

Selon les statistiques du gouvernement américain, le cancer du poumon tue plus d’Américains chaque année que les trois autres cances les plus fréquents, le colon, le sein et le pancréas, réunis. La raison, expliquent les docteurs, est que le cancer du poumon est difficile à détecter.

Actuellement, la seule manière de détecter un cancer du poumon en stade précoce est par le biais d’une longue procédure impliquant des prises de sang, des biopsies, de IRM, des tests ultrasons et d’autres procédures, et même avec cela, la détection est difficile.

« En général, le patient arrive pour faire un disgnostic lorsque les symptomes de la maladie ont déjà commencé à apparaître », explique Haick, décrivant les inconvénients des protocols actuels de détection. « Des mois peuvent passer avant qu’une analyse réelle ne soit achevée. Et la procédure nécessite des équipements chers et compliqués comme des outils d’imagerie mamographique ou d’IRM. Chaque machine coûte des millions de dollars, et finit par donner des résultats peu précis et généraux ».

Le système NaNose, lui, n’a besoin de rien d’autre qu’un patient qui respire dans l’appareil afin de proposer un diagnostique initial. Les tumeurs du cancer du poumon produisent des substances volatiles chimiques (SVC) qui s’évaporent facilement dans l’air et produisent des odeurs très spécifiques.

Dans quatre cas sur cinq, l’appareil faisait la différence entre des lésions du poumon bénignes et malignes et même différent sous-types de cancer.

Illustration d'une femme utilisant le NaNose (Crédit : autorisation)

Le projet est financé par le Commission européenne qui a donné au consortium qui le développe une bourse de 6 millions d’euros.

Les développeurs incluent des universités et des instituts de recherche d’Allemagne, d’Austriche, de Finlande, d’Ireland et de Lettonie, mais aussi l’entreprise de recherche de biologie cellulaire irlandaise Cellix, avec le système NaNose comme technologie principale.

Ce composant développé en Israël sera remis par une start-up israélienne appelée NanoVation-GS, une antenne du Technion. Le professeur Haick est le responsable scientifique en chef de la start-up.

« Le SniffPhone est une solution efficace. On le rendra plus petit et moins cher que les solutions actuelles de détection de la maladie, il consommera peu d’énergie, et ce qui est plus important que tout, il permettra un diagnostique immédiat et précoce qui sera à la fois précis et non invasif, a déclaré Haick. Un diagnostic précoce peut sauver des vies, particulièrement dans des maladies mortelles comme le cancer ».