L’Autorité israélienne de la concurrence a empêché mardi un accord jugé monopolistique entre le géant américain Noble Energy et son partenaire israélien Delek sur un grand champ de gaz offshore, baptisé Leviathan.

Cette décision, qui doit être confirmée après une audition, vise à briser le monopole tenu par Noble Energy et Delek sur le gaz offshore israélien.

« L’entrée de Delek et Noble dans Leviathan crée une situation où ces deux groupes contrôlent la totalité des réserves de gaz au large des côtes d’Israël », a souligné l’Autorité israélienne de la concurrence dans un communiqué.

Leviathan a une capacité estimée à 535 milliards de mètres cubes, ce qui en fait le plus grand gisement de gaz découvert dans le monde depuis dix ans.

Noble et Delek contrôlent déjà le champ Tamar, d’une capacité de production estimée à 250 milliards de mètres cubes, au large de Haïfa.

La firme américaine a réagi en indiquant que cette décision allait jeter « une ombre sur l’avenir de l’industrie du gaz et du pétrole d’Israël ». Le directeur de sa branche locale, Bini Zomer, avait récemment prévenu qu’une telle décision « affecterait les investissements de Noble » en Israël.

Yitzhak Techouva, patron de Delek, s’est posé en « victime » de cette décision dans un entretien à la radio militaire.

La semaine dernière, le Procureur général adjoint, Avi Licht, avait appelé les autorités israéliennes à « repenser » les arrangements sur les champs gaziers offshore, mettant en garde contre le danger qu’une « infrastructure essentielle du pays » soit aux mains « d’un seul groupe privé ».

La découverte de ces réserves de gaz pourrait permettre à Israël de passer du statut d’importateur à celui de puissance exportatrice d’énergie.

Elle a ainsi récemment signé des accords d’exportation de gaz avec la Jordanie et l’Egypte.