Le Mossad aurait mis en garde les responsables américains contre une proposition de loi qui preconiserait d’imposer des sanctions à l’Iran si les négociations sur le nucléaire ne parvenaient pas à un accord avant la date limite de juin, ce qui est fortement en contradiction avec la position officielle du gouvernement israélien, a rapporté mercredi l’agence Bloomberg.

la dépêche affirme que des responsables du renseignement israélien ont informé les responsables américains que la proposition des sénateurs Robert Menendez et Mark Kirk pourrait conduire les négociations nucléaires avec la République islamique à l’effondrement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu soutient la proposition de loi, auquel il est probable que le président Barack Obama oppose son veto.

L’information a été publiée peu de temps après que Netanyahu a été invité, mercredi, à venir s’exprimer, en février, devant le Congrès des États-Unis sur le projet nucléaire iranien, à la demande du président de la Chambre John Boehner.

L’invitation de Boehner au Premier ministre a provoqué une réaction glaciale de la Maison Blanche, dont le porte-parole a dit qu’il s’agissait d’une violation du protocole diplomatique.

Obama lutte avec force contre de nouvelles mesures contre la République islamique, prétendant que l’Iran est déjà irrité par les sanctions existantes et que l’imposition de nouvelles pourrait torpiller les négociations en cours sur un accord visant à empêcher Téhéran de développer une bombe nucléaire, un objectif qu’il nie avoir.

Dans son discours de mardi sur l’État de l’Union, Obama a promis qu’il opposerait son veto à la proposition de loi sur les sanctions.

Selon Bloomberg, deux responsables américains ont confirmé que le Mossad avait dit que l’adoption du texte de loi ferait torpiller les pourparlers – une opinion qui est conforme à celle du renseignement américain.

« Notre analyse est claire, a déclaré un haut responsable américain. Nous ne sommes pas intervenus pendant le processus législatif du texte de Kirk et Menendez, mais le fait est que toute loi qui déclencherait de nouvelles sanctions torpillerait les pourparlers. C’est notre évaluation. »

Selon la dépêche de Bloomberg, le secrétaire d’État John Kerry aurait déclaré mercredi qu’un responsable du renseignement israélien a jugé la proposition de loi de sanctions comme consistant à « jeter une grenade dans le processus ».