Le musée du mémorial de l’Holocauste américain a indiqué vendredi qu’il était horrifié par les attaques en cours qui sont commises contre les civils Rohingyas. Il a appelé le gouvernement au Myanmar à mettre un terme à ses opérations militaires.

Cameron Hudson, directeur du centre Simon-Skjodt pour la prévention des génocides au sein du musée, a expliqué que « les efforts gouvernementaux visant à nier les droits à la citoyenneté des Rohingyas, à restreindre leur liberté de mouvement et la pratique de leur foi et à nier leurs droits fondamentaux sont identifiés comme faisant partie de signes précurseurs pouvant mener à un génocide ».

En 2012, le musée avait remis à la dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi, le prix Elie Wiesel, sa plus haute distinction. Il a déclaré que dorénavant, les idéaux qu’elle avait inspirés « semblaient avoir disparu » en ce qui concerne la défense des Rohingyas.

Le musée a fait savoir qu’il implorait Suu Kyi d’utiliser sa position au sein du gouvernement « et même sa voix encore plus puissante pour défendre ces mêmes idéaux et oeuvrer à faire cesser les persécutions et les violences qui menacent depuis longtemps l’existence même des Rohingyas en Birmanie ».

Des réfugiés Rohingyas demandent une aide alimentaire dans le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhiy, à proximité de la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh, le 30 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

Des réfugiés Rohingyas demandent une aide alimentaire dans le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhiy, à proximité de la frontière entre le Myanmar et le Bangladesh, le 30 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

Au cours des deux dernières semaines seulement, environ 270 000 civils – en majorité des Rohingyas – ont fui vers le Bangladesh, venant encore surpeupler des camps de réfugiés déjà pleins à craquer, selon l’ONU.

D’autres sont morts après avoir tenté de fuir les combats dans l’état de Rakhine, où des témoins affirment que des villages entiers ont été incendiés depuis que les militants Rohingyas ont lancé une série d’attaques coordonnées le 25 août, entraînant des répressions militaires.

Cela fait longtemps que les Rohingyas souffrent de discrimination au Myanmar, majoritairement bouddhiste. Le Myanmar les considère comme des immigrants clandestins du Bangladesh et leur refuse la citoyenneté même si cela fait des décennies qu’ils vivent dans le pays.

Le Bangladesh tente de faire face au dernier afflux de réfugiés. Le nombre de Rohingyas se trouvant dans des camps, à la frontière du Bangladesh et du Myanmar, s’élève dorénavant à environ 670 000.

Sur ce chiffre, presque 357 000 personnes — soit un tiers de la population des Rohingyas au Myanmar – sont parties depuis le mois d’octobre, début de ces nouvelles recrudescences de violence.

Des plats cassés dans ce qui reste d'une maison incendiée du village de Myo Thu Gyi à proximité de Maungdaw, dans l'état de Rakhine State, au Myanmar, le 31 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

Des plats cassés dans ce qui reste d’une maison incendiée du village de Myo Thu Gyi à proximité de Maungdaw, dans l’état de Rakhine State, au Myanmar, le 31 août 2017 (Crédit : Stringer/AFP)

L’ONU affirme qu’il y a eu une forte hausse des arrivées le mercredi 6 septembre, lorsque au moins 300 bateaux venant du Myanmar ont accosté au Bangladesh.

Des dizaines de Rohingyas se sont noyés alors qu’ils tentaient d’effectuer ce voyage périlleux dans des embarcations dont les autorités du Bangladesh estiment qu’elles sont absolument inappropriées à cette période de l’année, lorsque la mer est agitée. Les enfants en ont été les premières victimes.