Le neveu du défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat aurait été choisi pour diriger l’Autorité palestinienne en tant que successeur de Mahmoud Abbas.

Nasser al-Kidwa, le fils de la soeur d’Arafat, est en train de devenir le prochain sur la liste pour diriger l’Autorité palestinienne, a annoncé la Deuxième chaîne mercredi, tandis qu’un certain nombre d’Etats arabes exhortent Abbas à nommer un successeur afin d’éviter le chaos dans l’instance dirigeante palestinienne en cas de démission d’Abbas ou s’il venait à se retrouver dans l’incapacité de diriger.

Selon un reportage de la Deuxième chaîne, le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et le roi de Jordanie Abdullah II sont à la tête de cette initiative et ont personnellement parlé à Abbas tandis que l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ont envoyé des représentants pour discuter de la question avec le président de l’AP, qui a célébré son 81e anniversaire cette année.

Les dirigeants des quatre pays auraient assuré à Abbas que ses enfants seraient protégés lorsque la transition arrivera.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Thierry Charlier)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse au siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Thierry Charlier)

Kidwa, 63 ans, est un membre du Fatah et a été un ministre palestinien des Affaires étrangères et un ancien envoyé de la Ligue arabe aux Nations unies en Syrie. Il est responsable de la Fondation Yasser Arafat, mise en place après la mort d’Arafat en 2004.

Selon le reportage, Mohammad Dahlane, qui a parfois été présenté comme le successeur d’Abbas et qui était autrefois considéré comme l’une des figures les plus marquantes du Fatah, ne reprendrait pas la direction de l’AP. Longtemps en désaccord avec Abbas, il a été expulsé du Fatah en 2011 suite à des allégations de corruption et d’assassinat et vit maintenant aux Emirats Arabes Unis.

Mohammed Dahlan en 2006 (Crédit : Michal Fattal/Flash90)

Mohammed Dahlan en 2006 (Crédit : Michal Fattal/Flash90)

Dahlane, un ancien homme fort de la bande de Gaza avant la prise de contrôle violente du Hamas en 2007, a régulièrement critiqué la politique d’Abbas et a financé des projets en Cisjordanie et à Gaza dans le but de renforcer son propre statut, des projets considérés par les partisans d’Abbas comme un effort continu pour doubler le président de l’AP.

Ces derniers mois, Abbas et Dahlane ont tenté de réparer leurs liens avant les élections locales en Cisjordanie et à Gaza, dans le but d’encourager l’unité au sein du Fatah et d’empêcher une victoire du Hamas.

Mardi, l’Autorité palestinienne a suspendu les élections municipales, jusqu’à nouvel ordre, un jour après que la Haute Cour de l’Autorité palestinienne avait décidé que les élections auraient lieu uniquement en Cisjordanie et non dans la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

Dans le sillage de la décision du tribunal, la Commission électorale centrale palestinienne avait lundi exhorté Abbas à repousser les élections municipales d’au moins six mois.

La commission a déclaré qu’un report serait « dans l’intérêt des Palestiniens » à la lumière de la décision de justice, qui a mis fin aux espoirs de voir des élections municipales organisées pour la première fois depuis 2006 à la fois par le Hamas et l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah. Le Hamas avait remporté ces élections, déclenchant un conflit qui a conduit à la guerre quasi-civile à Gaza l’année suivante.