Le New Israel Fund, une organisation qui finance de nombreuses associations de gauche, a porté plainte mardi contre des journalistes et des éditeurs du journal gratuit Israel Hayom pour diffamation.

L’organisation accuse les journalistes d’avoir sciemment menti dans trois articles indiquant que le New Israel Fund avait financé le pot de départ d’un ancien député arabe israélien, emprisonné en juillet pour avoir fourni des téléphones portables à des détenus palestiniens. Elle demande un total de 75 000 shekels de dommages et intérêts au journaliste Yair Altman et au rédacteur en chef Boaz Bismuth.

« Israel Hayom use de son pouvoir pour répondre mensonges et propagande, et cela doit cesser », a déclaré Miki Gitzin, directeur général du groupe dans un communiqué. « Le journal ne peut pas simplement ignorer les règles éthiques du journalisme, ou les règles de la décence fondamentales, et ne peut tout simplement pas piétiner la vérité. »

Le New Israel Fund a ajouté dans la plainte qu’ils avaient déclaré à Altman et à ses rédacteurs que cet article était inexact avant sa publication en juillet. Ensuite, le groupe dit avoir demandé au journal de publier des excuses et une rectification, mais Israel Hayom a refusé. Chaque article correspond à des dommages de 150 000 shekels, a affirmé le groupe, qui précise qu’il demande moins « afin de permettre qu’une enquête rapide et efficace ait lieu sur ces affirmations. »

Israel Hayom, quotidien gratuit financé par le milliardaire américain pro-Israël Sheldon Adelson qui adopte généralement une ligne éditoriale pro-Netanyahu, n’a pas souhaité répondre aux questions.

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, devant la cour des magistrats de RIshon Lezion, le 26 décembre 2016. (Crédit : Meged Guzani/Pool/Flash90)

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, devant la cour des magistrats de RIshon Lezion, le 26 décembre 2016. (Crédit : Meged Guzani/Pool/Flash90)

L’ancien député en question, Basel Ghattas, du parti Balad, a commencé à purger une peine de deux ans de prisons le 2 juillet. Il a avoué avoir illégalement fourni des téléphones portables et des cartes SIM à des prisonniers sécuritaires palestiniens l’an dernier. En entrant en prison, Ghattas s’est défini comme un « combattant de la liberté » pour le peuple palestinien.

La veille de son entrée en prison, Ghattas s’est rendu à une soirée de solidarité en son honneur, dans le nord d’Israël, en compagnie d’Ayman Odeh, président de la Liste arabe unie, à laquelle appartient Balad, et d’activistes et d’artistes palestiniens.

« Le New Israel Fund n’a rien à voir avec Ghattas, et n’a certainement pas pris part à aucun ‘évènement festif’ en son honneur », a déclaré Gitzin.

Les politiciens israéliens de droite critiquent souvent le New Israel Fund pour son soutien aux organisations anti-implantations, comme Breaking the Silence ou B’Tselem, qui sont jugées par leur opposants comme anti-Israël. Ces derniers mois, la Knesset a adopté une loi controversée, interdisant aux Israéliens de faire leur service national dans ces organisations de gauche, et qui impose un certain niveau de transparence.

En juin, Netanyahu a accusé le New Israel Fund de financer les manifestations hebdomadaires, qui, depuis près d’un an, exigent sa mise en examen dans le cadre d’une série d’enquêtes sur lui, sa famille et ses associés. Le groupe a nié ces accusations.