Commençons par la bonne nouvelle : ce jeudi matin, il semblerait que les organisations impliquées dans les violences le long de la frontière entre Israël et Gaza, à savoir le Hamas et le Jihad islamique, se sont calmées.

Les frappes aériennes d’Israël de mercredi avaient pour seul objectif les rampes de lancement des roquettes téléguidées. En d’autres termes, ces 29 frappes n’ont fait aucune victime palestinienne.

Le Jihad islamique a arrêté de tirer vers Israël mercredi en début de soirée. Et même si deux roquettes ont été lancées dans la nuit, et quelques autres jeudi matin, il semble que l’organisation islamiste indique qu’elle ne souhaite pas pour l’instant une nouvelle escalade de la violence.

Mais voici une nouvelle un peu moins rassurante. Alors que le Hamas avait fait preuve d’une maîtrise impressionnante de la situation à Gaza au cours des dernières années, les événements récents indiquent que son pouvoir n’est plus le même.

En outre, et pour la énième fois, les Israéliens ont eu une nouvelle preuve des conséquences néfastes que les divergences politiques entre Palestiniens peuvent avoir sur Israël.

Les attaques du Djihad islamique ainsi que les déclarations de son porte-parole conduisent à une conclusion évidente : l’organisation défie le Hamas et tente de s’affirmer comme la nouvelle puissance à Gaza.

Cela a commencé la veille, lorsque le Jihad islamique a envoyé ses combattants défier l’armée israélienne près de Khan Younès. Lors d’échanges de tirs, au cours desquels trois Palestiniens ont été tués, le Hamas est resté sur la touche et n’est pas intervenu.

Ce même jour, deux autres Palestiniens ont été tués en Cisjordanie. De façon similaire, le Hamas et l’Autorité palestinienne se sont abstenus de répliquer – ce qui a précipité la salve de roquettes du Jihad islamique.

Le point culminant de la remise en cause du statu quo a sans doute eu lieu pendant la nuit, alors que le Djihad islamique a publié un communiqué prévenant les habitants de Gaza qu’il s’en prendrait à toute personne soupçonné de collaborer avec Israël.

Désormais, c’est donc le Jihad islamique, et non le Hamas, qui punit les collaborateurs supposés de l’État juif.

Le secrétaire général de l’organisation Ramadan Shalah a donné hier une interview bien calibrée à la télévision iranienne. Il a soutenu que les attaques de l’organisation se poursuivraient et deviendraient plus violentes si Israël continuait ses actions contre les Palestiniens.

Ce message est familier est prévisible. Toutefois, la décision de Shalah de s’exprimer depuis l’Iran suggère que le Djihad islamique agit contre les intérêts du Hamas, sous la direction et avec les encouragements de la République islamique.

Les Gardiens de la Révolution tentent de renforcer le Jihad islamique et de développer son arsenal militaire afin d’affaiblir le Hamas. Cela ressemble à une punition contre le gouvernement islamiste de Gaza pour sa participation aux combats le régime d’Assad en Syrie.

Il paraît désormais raisonnable de penser que l’Iran continuera ses tentatives pour saper le calme relatif dans la région, que ce soit via le Djihad islamique à Gaza au sud, ou le Hezbollah au Liban et dans le Golan au nord.