WASHINGTON (JTA) — Déclarant qu’un Iran nucléaire serait une menace « mille fois » plus grande pour le monde que l’Etat islamique, l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis a averti contre une participation de l’Iran dans toute coalition contre le groupe djihadiste.

Ron Dermer, s’adressant mercredi aux invités d’une réception avant Rosh Hashana à sa résidence dans la banlieue du Maryland, a également dissuadé les Etats-Unis d’incorporer l’Iran dans l’effort actuel d’affaiblir l’Etat islamique.

Son ton alarmiste était le dernier signe en date de la rupture entre les gouvernements Obama et Netanyahu sur la question du rôle de l’Iran dans le combat contre l’Etat islamique qui occupe des territoires importants de l’Irak et de la Syrie.

Dermer a noté la présence d’officiels de l’administration Obama à l’événement et a loué le président américain pour sa direction d’une coalition visant à détruire le groupe terroriste. Il a pourtant déclaré que l’Iran ne doit pas être un partenaire dans cet effort.

« Je sais qu’il y a actuellement des discussions absurdes de certains pour considérer l’Iran comme un partenaire à la résolution des problèmes au Moyen-Orient », a déclaré Dermer. « Ils ne sont pas un partenaire, ils n’étaient pas un partenaire, ils ne seront pas un partenaire. L’Iran, comme puissance nucléaire, serait mille fois plus dangereux que l’EIIL », a-t-il ajouté, se référant à l’Etat islamique en Irak et au Levant (EI).

L’Iran a aidé les gouvernements irakien et syrien, et le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a déclaré que l’Iran et les Etats-Unis devraient communiquer, non pas coordonner, sur leurs efforts respectifs dans une bataille contre l’Etat islamique.

Kerry a déclaré plus tôt cette semaine qu’une telle communication pourrait avoir lieu en marge de discussions sur le nucléaire actuellement en cours entre les puissances majeures et l’Iran. Les Iraniens ont résisté à de telles ouvertures, refusant apparemment un haut niveau de coopération.

Des officiels israéliens ont déclaré que toute coopération avec l’Iran serait contre-productive.

« Les négociations [sur le nucléaire] vont dans la mauvaise direction », a déclaré Yuval Steinitz, le ministre des Renseignements, dans un message électronique à des journalistes. Nous soutenons la coalition contre l’EIIL et les organisations terroristes, mais cela ne devrait pas venir aux dépens d’un Iran nucléaire ».

Aucun officiel américain n’a déclaré que la coopération iranienne sur le dossier de l’Etat islamique n’aurait une influence sur l’issue des négociations du nucléaire.

Cette semaine, Wendy Sherman, la sous Secrétaire d’Etat qui dirige les négociations avec l’Iran, a suggéré, dans un discours, que les Etats-Unis restent tout aussi déterminés à empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires qu’à s’opposer à l’Etat islamique.

« Vaincre des extrémistes violents » en Irak et en Syrie « et mettre un terme à la guerre civile en Syrie constituent deux éléments cruciaux vers la construction d’un Moyen-Orient stable et tourné vers l’avenir » a déclaré mardi Sherman dans une conférence à Georgetown University.

Sherman, qui participe maintenant aux négociations sur le nucléaire iranien à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a ajouté : « S’assurer de la nature pacifique du programme nucléaire iranien est le troisième élément, pas nécessairement dans aucun ordre de priorité ».

Kerry a rencontré mercredi Avidgor Liberman, le ministre des Affaires étrangères d’Israël, qui dans une déclaration a également averti contre un rapprochement avec l’Iran qu’il a qualifié « d’exportateur N°1 du terrorisme dans le monde ». Liberman n’a pourtant pas suggéré que l’Iran constituait la plus grande menace et, au lieu de cela, il a dit que les crises de l’Iran et de l’Etat islamique étaient reliées entre elles.

Un communiqué du ministère des Affaires étrangères israélien a précisé que Liberman avait dit à Kerry qu’ »Israël soutenait les Etats-Unis dans ses efforts pour former un large front international contre l’Etat islamique, et se tient prêt à aider dans cette tâche si on lui demandait, prenant en considération les sensibilités des Etats participant et les besoins des Etats-Unis ».

Des officiels de l’administration Obama déclarent que si les puissances majeures et l’Iran parvenaient à un accord concernant son programme nucléaire avant la date limite du 24 novembre, le pacte autoriserait probablement un peu d’enrichissement d’uranium, un résultat qu’Israël s’efforce de réduire au minimum.

Liberman a déclaré que, dans sa rencontre avec Kerry, il avait également incité son homologue américain à modérer les avertissements du Département d’Etat américain concernant les voyages en Israël, maintenant qu’Israël et le Hamas ont signé un accord de cessez-le-feu après le conflit de cet été.

Le dernier avertissement en date, publié plus tôt ce mois-ci, prévient des risques de voyager dans la région « à cause d’un environnement sécuritaire complexe là-bas, de la violence potentielle et de la reprise des hostilités ».