Le Parlement ukrainien a voté jeudi une loi interdisant toute « propagande des régimes totalitaires communiste et nazie » après des mois d’une crise avec la Russie qui a ramené au premier plan l’héritage compliqué de la Seconde Guerre mondiale, de l’URSS et des nationalistes en Ukraine.

Un total de 254 députés ont voté en faveur de cette décision contre un minimum requis de 226 dans cette ancienne république soviétique située aux portes de l’Union européenne et qui a déclaré son indépendance de l’URSS en 1991.

Ce texte, qui doit encore être promulgué par le président Petro Porochenko, condamne « les régimes totalitaires communiste et nazi en Ukraine » et interdit « toute négation publique » de leur « caractère criminel » ainsi que toute « production », « diffusion » et « utilisation publique » de leur symboles sauf à des fins éducatives, scientifiques ou dans les cimetières.

La liste des éléments désormais prohibés contient le drapeau et l’hymne soviétique et nazi ainsi que les monuments et plaques commémoratives en l’honneur de responsables communistes, et même les noms de localités, rues ou entreprises faisant référence aux dirigeants communistes, activités du PC ou encore à la révolution bolchévique de 1917.

En cas de violation de cette loi, des organisations ou partis concernés seront interdits, ce qui remet en cause l’existence du Parti communiste ukrainien.

Les personnes reconnues coupables de production ou diffusion de symboles soviétiques et nazi, en particulier de l’exécution publique de l’hymne soviétique, risqueront jusqu’à dix ans de prison, selon la nouvelle loi.

L’Ukraine devenue indépendante en 1991 après la chute de l’Union soviétique et qui a connu sous l’URSS la grande famine des années 1932-33 qui a causé la mort de millions de personnes, regorge toujours de symboles soviétiques dont les monuments à Lénine et plusieurs rues portent le nom du chef de la révolution bolchevique.