Le parti Hadash, l’un des quatre partis qui composent la Liste arabe unie de la Knesset, a été sévèrement critiqué quand l’un de ses responsables a déclaré son soutien à l’avancée brutale du gouvernement syrien à Alep.

Les commentaires écrits vendredi sur la page Facebook de Hadash par Adal Amar, qui dirige la faction communiste du parti, ont également entraîné un débat houleux sur sa position concernant la guerre civile syrienne.

« La réunification de la ville [d’Alep] des organisations terroristes est un tournant… dans la défaite de l’impérialisme et des assauts réactionnaires sur les nations de cette région », a écrit Amar.

« La réunification [d’Alep] met un terme au plan de division de la Syrie, et reflète l’échec de la stratégie des Etats-Unis, des Turcs, des Saoudiens, et des Qataris, et leur incapacité à continuer à protéger des organisations terroristes qui ont dévasté la Syrie et contrôlé des civils par la terreur », a-t-il déclaré.

Les commentaires ont entraîné une discussion agitée entre les membres du parti et des militants de gauche au sujet de la loyauté de Hadash dans la guerre en Syrie. Des militants de Hadash ont déclaré samedi au quotidien Haaretz que les réactions au post d’Amar étaient la conséquence des différences internes entre les membres radicaux et modérés du parti.

Ayman Odeh, président de la Liste arabe unie, pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une session de question parlementaire à la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Ayman Odeh, président de la Liste arabe unie, pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une session de question parlementaire à la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La dispute sur internet a poussé le chef de Hadash, Ayman Odeh, qui est aussi le chef de la Liste arabe unie de la Knesset, à préciser que son parti ne soutient ni le président syrien Bashar el-Assad, ni les factions rebelles.

« Ni moi, ni la Liste arabe unie ne soutenons le régime d’Assad. Nous soutenons le peuple de Syrie, et nous soutenons un gouvernement libre et démocratique », a déclaré Odeh dans un communiqué.

Il a affirmé que les combats actuels tiraient leurs racines d’un régime autoritaire qui dure depuis des dizaines d’années, et qui a donné lieu à « une bataille populaire pour la démocratie, que toute personne avec une conscience et une morale doit soutenir. »

Odeh a cependant précisé que soutenir les rebelles syriens n’était pas une option, étant donné la présence de groupes islamistes radicaux.

« La bataille a malheureusement été reprise par des sauvages comme [le front al-Nosra et l’Etat islamique], si bien qu’il n’est pas possible d’être humain et du côté de forces aussi sombres », a-t-il déclaré.

La présidente du parti de gauche Meretz, Zehava Galon, a fustigé Hadash pour le poste d’Amar, déclarant que « son soutien actuel à Assad et [au président russe Vladimir] Poutine est une tache sur leur parti, alors qu’Alep est une marque hideuse dans la conscience du monde et un échec désastreux de la communauté internationale. »

Des Syriens fuyant les violences dans les quartiers est d'Alep, tenus par les rebelles, passent devant une barricade improvisée de carcasses de bus dans le quartier Bal al-Hadid, saisi par les forces du régime gouvernemental, le 7 décembre 2016. (Crédit : George Ourfalian/AFP)

Des Syriens fuyant les violences dans les quartiers est d’Alep, tenus par les rebelles, passent devant une barricade improvisée de carcasses de bus dans le quartier Bal al-Hadid, saisi par les forces du régime gouvernemental, le 7 décembre 2016. (Crédit : George Ourfalian/AFP)

Alep a été ravagée par certaines des pires violences de la guerre civile syrienne, qui dure depuis six ans et qui a entraîné la mort de plus de 310 000 personnes.

La semaine passée, les forces syriennes, soutenues par les Russes, ont vidé les dernières poches rebelles dans un massacre brutal qui aurait fait plusieurs centaines de morts.

Dans le même temps, des milliers de civils piégés et les derniers combattants restant dans Alep attendaient la reprise des évacuations samedi, un jour après que l’opération a été suspendue par le gouvernement syrien.