Un futur gouvernement travailliste australien prendrait en considération la reconnaissance d’un Etat palestinien si aucun progrès n’était obtenu dans la prochaine série de négociations entre Israël et Palestiniens, a décidé dimanche le parti.

A la conférence annuelle nationale du Parti travailliste australien, environ 400 délégués du parti ont fait passer la motion la plus forte du parti sur la Palestine.

« Si… il n’y a pas de progrès dans la prochaine série de négociations du processus de paix un futur gouvernement travailliste discutera la possibilité de rejoindre les nations qui ont déjà reconnu la Palestine », stipulait la motion.

Si le Parti travailliste australien a décidé de ne pas changer officiellement sa ligne politique sur le Moyen Orient, l’expression d’une résolution appelant à une solution durable à deux États a été largement acceptée par les délégués à la suite du compromis entre les législateurs conservateurs et libéraux.

Les délégués du parti ont applaudi alors que la motion était soumis au vote.

La résolution reconnaissait le droit à la fois des Israéliens et des Palestiniens à vivre pacifiquement dans leurs propres États et a assuré que la structure de base de tout accord de paix soit basée sur les lignes de 1967.

Il a appelé à fixer une limite de temps pour mettre un terme à la présence israélienne en Cisjordanie, pour s’accorder mutuellement sur des échanges de terre, la démilitarisation des territoires palestiniens, une solution à la question des réfugiés palestiniens et la résolution de la question de la souveraineté de Jérusalem.

La résolution condamnait la construction israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem Est que le parti a décrit comme des territoires palestiniens occupés.

Le Parti travailliste australien a rejeté le mouvement de BDS, une initiative mondiale visant à mettre de la pression économique sur Israël pour forcer à changer ses politiques vis-à-vis des Palestiniens.

La législatrice du Queensland Wendy Turner, qui participe aussi au comité du Réseau de Soutien de la Palestine en Australie, a salué la motion comme une étape importante pour le Parti travailliste australien.

« Il est temps, et c’est la chose juste et honorable à faire : le temps pour l’action et pas les mots pour les travaillistes australiens au gouvernement de reconnaître la Palestine », a déclaré Turner, selon la neuvième chaîne d’Australie.

Selon le journal australien Jewish News, Turner a placé l’unique responsabilité de l’échec des pourparlers de l’année dernière sur Israël. Lors de son intervention, Turner a déclaré « qu’Israël a tristement continué son opération de sabotage des négociations de paix sponsorisées par les Etats-Unis ».

Remarquant qu’elle n’a pas condamné l’agression envers Israël par le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza, le site internet a informé que Turner a continué en disant que le gouvernement israélien avait « passé un pont trop loin, et, en fait, beaucoup de ponts trop loins », et sa « culture de l’impunité » refusait aux Palestiniens le droit à l’auto-détermination.

Une décision par un petit groupe de législateurs du Queensland de droite de s’aligner avec la gauche en opposition au vote a été sapée par un accord obtenu par des législateurs de droite de New South Wales et de Victoria. En fin de compte, la formulation finale de la résolution a été le résultat d’un compromis entre les deux groupes votants opposés.

L’Australie est un des alliés les plus dévoués d’Israël, et l’année dernière, son gouvernment libéral a déclaré qu’il n’allait plus faire référence à Jérusalem Est comme un territoire « occupé ».