39 des 120 députés qui ont prêté serment mardi, à la 20e Knesset, sont députés pour la première fois.

Le changement explique largement l’augmentation du nombre de députées femmes – 29. Un record et un exploit d’autant plus remarquable que certains partis comme le Shas et le YaHadout HaTorah, sont idéologiquement opposés à voir les femmes être députées et n’en ont donc aucune sur leur listes.

Sans surprise, le parti qui compte le plus de nouveaux députés est aussi celui qui a le plus augmenté, le Likud avec 11 nouveaux députés. L’Union sioniste a neuf nouveaux députés, tout comme Koulanou. Il y a six nouveaux députés dans la Liste arabe unie, deux nouveaux pour HaBayit HaYehudi et un pour Yesh Atid et Yisrael Beytenu.

Certains étaient des élus locaux, d’autres des journalistes ou des activistes. Mais certains nouveaux députés ont un passé plus coloré.

1. L’avocate Revital Sweid, intronisée comme députée de l’Union sioniste, est une importante avocate pénale de la défense et une fervente féministe religieuse. Mais elle est aussi l’avocate qui a représenté certains des criminels les plus dangereux d’Israël, de Roni Ron et Marie Pizam, les parents qui ont fait les gros titres lorsqu’ils ont assassiné de sang froid leur petite fille Marie, aux membres de la célèbre famille criminelle Abutbul.

Oren Hazan du Likud (Crédit : Capture d'écran Ynet video)

Oren Hazan du Likud (Crédit : Capture d’écran Ynet video)

2. Oren Hazan, fils de l’ancien député du Likud Yechiel Hazan tombé en disgrâce, s’est révélé être lui-même une cible de choix pour l’attention médiatique dans les jours ayant suivi les élections.

Le père d’Hazan a été reconnu coupable d’avoir voté deux fois lors d’une assemblée plénière de la Knesset en 2003 et aurait ensuite été pris en train de forcer un entrepôt de la Knesset où des preuves étaient conservées.

Oren Hazan, entré de justesse à la Knesset avec la dernière place disponible de la liste du Likud, n’a pas caché son histoire pendant l’élection en publiant une publicité vidéo de campagne amusante avec son père qui reprenait le film le « Parrain ».

Pourtant, les problèmes d’Oren ne sont pas restreints à son père. Il a passé une bonne partie de la semaine dernière à se défendre des critiques des médias lorsqu’il a été révélé qu’il a gérait il y a encore deux ans un hôtel casino en Bulgarie. Les casinos sont illégaux en Israël, mais pas en Bulgarie comme Hazan l’a souvent fait remarquer ces derniers jours.

3. Le pilote de l’Armée de l’air israélienne et activiste Yoav Kisch, qui a aussi servi dans un comité de la Knesset en tant que représentant de la population, apporte une remarquable histoire à la Knesset. Son grand-père Frederick Kisch était le juif le plus haut gradé à avoir servi dans l’Armée britannique, et un activiste sioniste dévoué. Ayant combattu dans les deux guerres mondiales, Kisch a obtenu le grade de général brigadier quand il a été tué par une mine en Afrique du Nord, en 1943. Le nouveau député Kisch a été forcé de rompre quelques uns de ces liens britanniques depuis son élection à la Knesset  le 17 mars. Selon la loi israélienne, il ne peut pas servir à la Knesset en détenant une citoyenneté étrangère.

Ksenia Svetlova (Crédit : Facebook)

Ksenia Svetlova (Crédit : Facebook)

4. Comme Kisch, Ksenia Svetlova, numéro 21 sur la liste de l’Union sioniste, a également dû abandonner une nationalité étrangère, dans son cas la nationalité russe.

Ce fait est particulièrement significatif pour l’ancienne journaliste et experte des affaires arabes qui a travaillé en Irak, en Syrie au Liban et a interrogé le fondateur du Hamas Ahmad Yassin et l’ancien président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, parmi d’autres personnalités pas particulièrement amies d’Israël.

Svetlova est peut-être une journaliste reconnue, mais après son passage dans la politique israélienne, il est peu probable qu’elle trouvera le monde arabe aussi ouvert qu’il ne l’était pendant son ancienne carrière.

Le professeur Manuel Trajtenberg lors d'une conférence sur la situation sociale en Israël à l'Université de Tel Aviv le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)

Le professeur Manuel Trajtenberg lors d’une conférence sur la situation sociale en Israël à l’Université de Tel Aviv le 18 janvier 2015 (Crédit : Tomer Neuberg / FLASH 90)

5. L’économiste Manuel Trajtenberg, un nouveau venu de l’Union sioniste, peut être l’unique nouveau législateur pouvant se vanter d’avoir été un ancien conseiller de l’autre côté de l’échiquier politique. Trajtenberg, né en Argentine, a dirigé le « comité Trajtenberg » de 2011 qui a conseillé le gouvernement Netanyahu sur les moyens de réduire le coût de la vie. On lui a demandé de rejoindre l’Union sioniste en tant que candidat pour le ministère des Finances lors des dernières élections.

6. Nava Boker, une journaliste et activiste, semble avoir fait le voyage inverse de Trajtenberg. Elle a été pendant longtemps une critique du Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres officiels du gouvernement, dont elle pourrait faire partie.

Lior, le mari de Boker, était un officier de police gradé, chef des opérations dans le district Nord, lorsqu’il a été tué en s’opposant au feu dans la forêt Carmel en 2010. Nava a ensuite mené une campagne publique pour améliorer les conditions de travail des pompiers en Israël. Elle a fortement critiqué les officiels qu’elle accusait d’avoir laissé les choses se détériorer.

Elle est entrée en politique cette année lorsqu’elle a rejoint, de manière surprenante, la course des primaires du Likud une semaine avant la date limite. Elle est entrée à la Knesset à la 25e place de la liste de Likud.

Inutile de dire qu’elle a dû répondre à toute une série de questions sur ses critiques passées du chef du parti, mais elle a affirmait avec insistance que son activisme serait plus efficace à l’intérieur de la Knesset.

L'ancien maire de Beït Shean Jacky Levy (Crédit : Wikimedia Commons/Heichal Hakodesh)

L’ancien maire de Beït Shean Jacky Levy (Crédit : Wikimedia Commons/Heichal Hakodesh)

7. Jacky Levy, un nouveau venu du Likud, est tout sauf un novice en politique. Il est le fils de l’ancien ministre des Affaires étrangères David Levy, ce qui signifie qu’il est aussi le frère de l’actuelle numéro deux d’Yisrael Beytenu, Orly Levy-Abekasis.

Il a servi en tant que maire de Beit Shean pendant deux mandats et a été blessé dans une attaque terroriste contre le quartier général du Likud, en 2002. Ce père de sept enfants continue la tradition politique familiale. Il a aussi senti la douleur du scandale lorsqu’il a été cité récemment dans une mise en examen sur une possible violation des lois de l’environnement quand il était maire de Beit Shean.

Un curriculum coloré peut refléter d’importantes vérités sur les nouveaux députés, mais cela pourrait aussi être une distraction. Comme le président de la Knesset l’a dit lundi aux nouveaux députés : « Une des choses agréables que vous découvrirez, c’est que les gens que vous avez vus pendant des années à la télévision, vous verrez qu’ils sont différents dans une conversation en tête-à-tête. »

La réalité peut ne pas correspondre à la personnalité médiatique ou aux suppositions que l’on tire de la lecture de la page Wikipédia d’un député.

Orly Levy-Abekasis, par exemple, a été nommée sur la liste d’Yisrael Beytenu en 2009 parce qu’elle était une personnalité relativement connue à la télévision. Elle a pourtant été reconnue par tous comme faisant partie des députés les plus impliquées et les plus attentifs.

Et tout comme le passé coloré des nouveaux députés s’infiltre dans la conscience de la population, il est important de se rappeler que le passé peut ne pas refléter le futur.