Retour au réel ou à ce qui lui ressemble à la 21e édition de Paris Photo, sous la verrière du Grand Palais, plus grande foire mondiale du secteur. La tendance est aux images documentaires, parfois réinterprétées, parfois recréées.

Images inédites d’une guerre oubliée : spécialiste de la photo historique, Daniel Blau (Münich) propose des photos saisissantes de la 2e guerre sino-japonaise, à Shanghai en 1937. Ce conflit particulièrement sanglant a été couvert par le photographe Rudolf Brandt, et pour une petite partie par sa compagne Joy Lacks. Les photos récemment découvertes avaient été confiées à l’ambassadeur du Mexique en Chine Amador Sandoval.

Le photographe israélien Miki Kratsman documente la politique d’élimination ciblée des services de sécurité israéliens dans les territoires occupés avec des images prises avec des objectifs spéciaux, qui semblent montrer les quelques secondes avant la mort de la personne visée, depuis le mont Scopus, au nord-est de Jérusalem (« Targeted Killing », galerie Chelouche de Tel Aviv).

La galerie Chelouche précise sur son site : « Tous les personnages photographiés dans « Targeted Killing » de Kratsman sont d’innocents civils palestiniens dans leur vie quotidienne. Cependant, la façon dont ils sont photographiés fait écho à celle des ‘suspects’ et évoque et renforce ainsi cette image aux yeux du spectateur ».

Figure clef du documentaire, l’Américaine Susan Meiselas revisite une série sur des stripteaseuses se produisant dans de petites villes de la Nouvelle-Angleterre, réalisée pendant l’été entre 1972 et 1975 (gal. Danziger).

Chris Killip s’est immergé pendant vingt ans dans des communautés du nord de l’Angleterre confrontées à la désindustrialisation et à la dislocation sociale. Paysages industriels désolés, côtes battues par les vent et adolescents désoeuvrés. Une oeuvre forte (gal. Augusta Edwards, Londres).

Paris Photo, qui fermera ses portes dimanche soir, a réuni 190 galeries de 30 pays.