WASHINGTON – La campagne électorale israélienne bat son plein au Forum Saban 2014 de la Brookings Instition ce week-end.

Les politiciens israéliens débattent des rumeurs selon lesquelles un accord de dernière minute pourrait reconfigurer la coalition et conjurer les élections.

Si cette réunion annuelle se veut généralement une discussion de trois jours sur la politique régionale et les relations israélo-américaines, l’ambiance lors de la rencontr à DC de cette année est totalement différente.

Les orateurs reconnaissent que toutes les questions régionales sont suspendues jusqu’aux élections de mars. Car les politiciens israéliens semblent concentrés sur la campagne électorale, spéculant sur ceux qui pourraient se joindre à la mêlée.

Les anciens et les futurs députés reçoivent dans de moelleux canapés du Willard, et parlent politique au beau milieu des clinquantes décorations de Noël. Avec les perspectives de paix israélo-palestinienne en attente, c’est le drame électoral qui est la vedette dans les murs majestueux de l’hôtel de la capitale américaine.

Ainsi, le leader de l’opposition Isaac Herzog et la présidente de Hatnua Tzipi Livni ont lancé une vague de spéculation quand, en route pour Washington, ils ont posté une photo commune sur les médias sociaux.

Herzog a utilisé son discours à la tribune pour annoncer que les deux se dirigeaient vers une alliance, racontant aux participants dans un sourire qu’il avait prévenu sa femme qu’il « investirait dans sa ‘relation de couple’ avec Tzipi ce week-end ».

Puis, Herzog a pris soin de disparaître avant la prise de parole de Naftali Bennett, de HaBayit HaYehudi, samedi à la nuit tombée.

Si les vingt-quatre premières heures du forum appartenaient au duo Livni-Herzog, Bennett a pris la relève. Lors d’une interview avec l’ancien négociateur de paix américain Martin Indyk, Bennett s’est engagé dans un jeu complexe au sujet de ses propres objectifs électoraux.

Devant des journalistes férus de la presse israélienne le pressant publiquement de déclarer qu’il se voyait au poste de Premier ministre dans la campagne à venir, Bennett a esquivé la question, alléguant qu’il voulait faire ce qui était bon pour Israël, mais qu’il n’était pas
« obsédé » par cette fonction.

Bennett a nié avoir connaissance de tout plan de dernière minute pour remanier la coalition afin d’éviter des élections. Il a toutefois ajouté qu’il serait prêt à s’allier aux membres des partis ultra-orthodoxes.

Dans le même temps, il s’est démarqué du ministre des Finances sortant Yair Lapid. Revenant sur leur célèbre expression de « frères », il a reconnu qu’à présent, ils étaient davantage comme des « demi-frères », et que l’ « expérience » avec Lapid « a échoué ».

Lapid a déclaré la semaine dernière que leur alliance s’est effondrée parce que le parti de Bennett est devenu plus belliciste et orthodoxe.

Amos Yadlin, former director of military intelligence, Jan 2012. (photo credit: Gideon Markowicz/FLASH90)

Amos Yadlin, (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)

Pendant ce temps, le général retraité et gourou des renseignements Amos Yadlin, expert de la sécurité dont le nom a été soufflé pour renforcer les listes des partis de centre-gauche, a également esquivé des questions tout au long du week-end sur sa propre éventuelle implication dans les élections.

Tous les signes au Forum augurent une impasse sur les pourparlers de paix pendant au moins cinq mois supplémentaires et une vague approche attentiste teintée de cynisme au sujet des pourparlers avec l’Iran – malgré les sérieuses assurances du vice-président américain Joe Biden au forum selon lesquelles l’Iran n’obtiendra pas la bombe sous la garde de l’administration Obama. « Point ».