La veille du scrutin, les responsables et les militants de certains partis de droite redoublent d’effort pour séduire les électeurs et tenter de d’assurer la réélection du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Alors que les prédictions sont catastrophiques pour Netanyahu, les militants du Likud annoncent qu’ils feront du porte à porte lundi et mardi pour encourager les personnes soutenant le Likud à aller voter.

Les sondages publiés vendredi (le dernier jour où ils étaient autorisés à être publiés), ont révélé que le Likud était derrière l’Union sioniste d’Isaac Herzog, avec entre trois et quatre siège de retard, mais que le Likud était le mieux placé pour former une coalition.

Une nuit après un meeting de droite à Tel Aviv au cours duquel Netanyahu a appelé les électeurs à voter pour le Likud, les militants du parti ont annoncé qu’ils lanceraient une campagne d’incitation au vote dans les bastions du Likud.

Par exemple, l’un de ces projets consiste à emmener les résidents de Gush Etzion dans la ville d’Ashkelon pour les encourager à voter pour les partis de droite.

« Tout le monde a conscience que ses élections sont fatidiques », explique le dirigeant du Conseil régional de Gush Etzion, Davidi Pearl au site d’informations Nrg dimanche.

« Les résidents de Guh Etzion luttent pour leur maison, et pour le futur des implantations », poursuit-il.

Lundi matin, Netanyahu a attaqué ces rivaux sur la question de Jérusalem, cherchant à obtenir du soutien dans les quartiers de la capitale proches de la Ligne verte.

Le Premier ministre actuel de droite a, à plusieurs reprises, accusé Herzog et la numéro 2 de l’Union Sioniste, Tzipi Livni, d’être prêts à abandonner les revendications d’Israël sur Jérusalem – selon lesquelles Jérusalem est la capitale indivisible d’Israël et que c’était un point non-négociable lors des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

« La chose la plus importante est de garder un Jérusalem unifié », a-t-il affirmé au micro de la Deuxième chaîne, le dernier jour de campagne.

Netanyahu devait se rentre à Har Homa un quartier du sud de Jérusalem où les constructions ont débuté en 1997 lors de son premier mandat de Premier ministre.

Graphique faisant la moyenne des résultats des sondages publiés par les principaux médias entre le 12 et le 15 mars 2015 sur les prédictions des résultats des élections du 17 mars 2015  (Crédit : Times of Israel staff)

Graphique faisant la moyenne des résultats des sondages publiés par les principaux médias entre le 12 et le 15 mars 2015 sur les prédictions des résultats des élections du 17 mars 2015 (Crédit : L’équipe du Times of Israel)

Ce site de construction, qui se trouve entre les quartiers arabes de Jérusalem-Est et le sud de la Cisjordanie, a incité les Palestiniens à rompre les pourparlers de paix afin de protester contre la menace sur la contiguïté de leur Etat espéré.

Dans une interview accordée au site d’informations Walla publiée lundi, Netanyahu a accusé Herzog et Livni d’être « prêts à renoncer, d’incliner la tête face à tous les diktats, y compris à propos d’ un accord sur le nucléaire avec l’Iran ».

Herzog, dont le bloc de l’Union sioniste avait une avance de quatre places sur le Likud de Netanyahu dans plusieurs des derniers sondages de la campagne, a rejeté les allégations selon lesquelles il serait faiblement déterminé  sur la question de Jérusalem.

Isaac Herzog au Mur occidental le 15 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Isaac Herzog au Mur occidental, le 15 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au Mur occidental, le site le plus sacré où les Juifs peuvent prier, Herzog s’est engagé à « préserver Jérusalem et ses résidents avec des actions, et non pas seulement avec des mots, plus que tout autre leader ».

Lundi, l’ancien Premier ministre travailliste Ehud Barak a apporté son soutien à la candidature d’Herzog pour le poste de premier ministre, le qualifiant de leader « considéré, expérimenté et responsable ».

Barak avait battu l’actuel Premier ministre lors des élections de 1999, après le premier mandat au gouvernement de Netanyahu.

Toutefois, certains dans le parti auraient exprimé leur mécontentement au sujet du soutien de Barak, soulignant que celui-ci avait quitté le parti travailliste en 2009 pour former le Parti de l’indépendance et s’allier avec Netanyahu.

Cette décision de dernière minute intervient alors que les partis tentent de renforcer leur position dans l’espoir d’avoir les meilleures chances de former une coalition après l’élection.

Le président Reuven Rivlin a annoncé qu’il conférera le droit de former un gouvernement au leader qui aura les meilleures chances de former un gouvernement de coalition, et pas nécessairement à la tête de la liste qui obtiendra le plus grand nombre de sièges.