Le porte-parole de l’Autorité palestinienne a accusé le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, de « sionisme » après une attaque cinglante de ce dernier sur le Fatah et Abbas.

Dans une interview audio publiée vendredi soir sur un site djihadiste, Al-Zawahiri s’en est pris au candidat à la présidentielle égyptienne, Abdel Fatah el-Sissi, et au président américain Barack Obama, mais consacre une attention particulière à l’Autorité palestinienne.

« Les erreurs de Mahmoud Abbas ne me surprennent pas, car c’est un traître qui a vendu la
Palestine », a déclaré Al-Zawahiri.

« Je suis surpris par deux groupes : celui qui pratique correctement l’Islam, mais insiste pour dire que ce traître est le président légitime, » a déclaré Al-Zawahiri, faisant apparemment allusion au Hamas. « Et l’autre groupe, celui du Fatah, qui prétend être un mouvement de libération nationale, mais est devenu un mouvement qui vend sa patrie et ses citoyens.»

Le porte-parole du Fatah, Ahmad Assaf, a répondu avec mépris à Zawahiri et Al-Qaïda, dans un communiqué de presse, sur sa page Facebook, samedi.

« Les déclarations d’Ayman Al-Zawairi confirment une fois de plus l’engagement de cet homme avec Al-Qaïda dans le projet sioniste et ses magouilles visant à déchirer les nations arabes et islamiques, » écrit Assaf.

« Depuis quand cet hypocrite et son groupe se soucient-ils de la cause palestinienne ? Nous n’avons pas vu d’action menée par eux contre l’occupation israélienne. Qu’est-ce que cela signifie ? »

Assaf entend les négociations israélo-palestiniennes comme une forme de confrontation.

« A un moment où le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas mène une bataille diplomatique impitoyable avec l’État occupant, résiste à des menaces et des pressions de divers côtés, et malgré les conditions [[difficiles] avec les voisins arabes et islamiques, Zawahiri apparaît comme complice du projet sioniste, en participant à la campagne de désinformation et de pression. »

Dimanche, les médias arabes ont rapporté qu’Abbas envisage de dissoudre l’Autorité palestinienne et ses institutions sécuritaires si les pourparlers de paix échouent après le refus d’Israël de geler la construction dans les implantations et de discuter des frontières du futur Etat palestinien.