Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mardi avoir ordonné à son gouvernement de trouver des moyens d’augmenter l’aide médicale aux Syriens blessés dans les derniers combats, particulièrement à ceux d’Alep.

« Nous voyons la tragédie de la terrible souffrance des civils, et j’ai demandé au ministère des Affaires étrangères de chercher des moyens d’étendre notre assistance médicale aux victimes civiles de la tragédie syrienne, particulièrement à Alep, où nous sommes prêts à accueillir les femmes et les enfants blessés, ainsi que les hommes qui ne sont pas combattants », a déclaré Netanyahu lors d’une réception de fin d’année pour la presse étrangère.

« Nous aimerions faire cela : les faire venir en Israël, prendre soin d’eux dans nos hôpitaux comme nous l’avons fait déjà avec des milliers de civils syriens. Nous étudions comment faire au moment je vous parle. »

S’adressant aux journalistes et diplomates étrangers pendant la réception du nouvel an du bureau de presse gouvernemental (GPO), Netanyahu a déclaré qu’il ne voyait pas de fin aux combats, et qu’il ne pouvait pas imaginer une résolution pacifique à la guerre civile qui reviendrait au statu quo précédent.

Les troupes du gouvernement syrien en patrouille dans le quartier al-Sakhour, à l'est d'Alep, qui vient d'être repris aux rebelles, le 7 décembre 2016. (Crédit : George Ourfalian/AFP)

Les troupes du gouvernement syrien en patrouille dans le quartier al-Sakhour, à l’est d’Alep, qui vient d’être repris aux rebelles, le 7 décembre 2016. (Crédit : George Ourfalian/AFP)

« Est-ce que je vois une résolution à la situation syrienne ? Non, a-t-il répondu catégoriquement. Ce ne sera certainement pas une Syrie heureuse, c’est certain. Y aura-t-il une Syrie unifiée ? J’en doute. Il y a des enclaves là-bas, et je ne pense pas qu’elles soient sur le point de disparaître. »

La population civile du pays souffre énormément, mais Israël ne peut pas faire beaucoup pour aider, a ajouté le Premier ministre. « Je ne sais si nous pouvons résoudre [la guerre civile syrienne]. Mais nous pouvons aider à atténuer certaines souffrances, c’est le mieux qu’Israël puisse faire. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réception de fin d'années de la presse étrangère, à Jérusalem, le 20 décembre 2016. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réception de fin d’années de la presse étrangère, à Jérusalem, le 20 décembre 2016. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Israël est officiellement en état de guerre depuis des dizaines d’années avec son voisin syrien, mais depuis le début de la guerre civile en 2011, Israël a toutefois accueilli des blessés de ce pays, y compris des combattants blessés. Plus de 2 000 Syriens ont été traités depuis 2013 dans des hôpitaux israéliens, selon l’armée.

L’hôte de l’évènement, Nitzan Chen, directeur du GPO, a également parlé des « souffrances indicibles » en Syrie, déclarant que « nos cœurs sont avec » les civils du pays, et exprimant le souhait que « la nouvelle année apporte rapidement une fin a leurs souffrances. »

Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu'il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d'Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)

Un petit garçon syrien est assis avec les objets qu’il a récupéré des ruines de sa maison, dans le quartier Al-Arkoub d’Alep, après une opération des forces pro-régime pour reprendre la ville au rebelles, le 17 décembre 2016. (Crédit : Youssef Karwashan/AFP)

Dans son discours, Netanyahu a également annoncé de nouvelles visites à l’étranger. En 2017, il voudrait se rendre en Chine pour célébrer les 25 ans de relations diplomatiques bilatérales. Sa dernière visite dans ce pays remonte à 2013. Il également dit avoir reçu des invitations pour assister à la conférence de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), où il prévoit de rencontrer 15 dirigeants du continent.

De plus, il prévoit d’accepter une invitation en Europe de l’Est pour rencontrer quatre chefs d’état, et de voyager dans les « trois gros » pays d’Amérique latine, mais n’a pas précisé de quels pays il parlait.

En février, Netanyahu devrait partir pour 10 jours à Singapour, en Australie et dans les Îles Fidji.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu t son homologue du Swaziland, Sibusiso Dlamini, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 20 décembre 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu t son homologue du Swaziland, Sibusiso Dlamini, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, le 20 décembre 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Interrogé par un journaliste qui lui demandait si ses attaques personnelles contre certains journalistes israéliens qui l’ont critiqué sont la meilleure stratégie pour les attirer, le Premier ministre a répondu en riant « je ne sais pas, c’est la plus distrayante. C’est amusant. J’apprécie ça. »

Plus sérieusement, il a déclaré être convaincu de l’importance de la presse libre, et que c’est le droit de chaque journaliste de critiquer le gouvernement. Netanyahu a cependant ajouté que lui aussi avait le droit de critiquer la presse quand il pense être l’objet d’un examen minutieux injuste et pour briser les « monopoles » du marché médiatique israélien.

L’AFP a contribué à cet article.