Le Premier ministre jordanien Abdallah Nsour a échappé mardi à une motion de défiance présentée par les parlementaires en réaction à sa gestion de la mort d’un juge jordanien tué par des soldats israéliens.

Les 150 membres de la chambre basse du Parlement ont ainsi renouvelé leur confiance à Nsour par 81 voix contre 29, et 20 abstentions et 20 absences.

Furieux de la mort du juge Raed Zeiter, les parlementaires avaient demandé dans une résolution à ce que « le gouvernement expulse l’ambassadeur israélien en poste à Amman et rappelle l’ambassadeur jordanien en Israël », ainsi que la libération d’un soldat qui avait tué sept fillettes israéliennes en 1997.

Ils avaient donné au gouvernement jusqu’à mardi pour accepter leurs demandes, faute de quoi ils voteraient cette motion de défiance.

Mais M. Nsour a expliqué aux parlementaires mardi que le gouvernement ne pensait pas « qu’expulser l’ambassadeur israélien et rappeler l’ambassadeur jordanien servirait » la cause du juge, selon des propos rapportés par l’agence officielle Petra.

« Si nous faisions ça, la Jordanie fera face à des répercussions qui dépasseront notre tristesse (…) et cela affectera le rôle de la Jordanie dans les pourparlers israélo-palestiniens », a ajouté le Premier ministre, qui n’a pas mentionné le soldat emprisonné.

Des versions différentes ont été données sur les circonstances de la mort le 10 mars du juge jordanien d’origine palestinienne Raed Zeiter, au point de passage du pont Allenby entre la Cisjordanie et la Jordanie.

L’armée israélienne a affirmé que le juge avait attaqué les soldats et tenté de prendre l’arme d’un militaire.

En revanche, un centre palestinien des droits de l’Homme a soutenu que l’un des soldats avait poussé le juge après qu’il soit sorti d’un bus pour que les soldats israéliens fouillent le véhicule.

Le Premier ministre jordanien a attribué au gouvernement israélien « l’entière » responsabilité de ce « crime hideux ».

Lundi, le palais royal a affirmé que le président israélien Shimon Peres s’était excusé auprès du roi Abdallah II pour la mort du juge.

Le texte indique également que le roi jordanien avait « aussi reçu un appel téléphonique du (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu, » sans donner d’autres détails.

Peres a de son côté publié un communiqué indiquant qu’il avait appelé le souverain jordanien pour lui exprimer ses « vifs regrets » après cet incident. Le texte ne mentionne pas d’excuses.