Apprenant que Ziad Awad, un terroriste libéré en 2011 grâce à l’accord pour libérer Gilad Shalit, a été arrêté en mai pour le meurtre d’un policier la veille de Pessah près de Hébron, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait demandé aux forces israéliennes recherchant les trois enlevés du 12 juin d’arrêter de nouveau les dizaines de Palestiniens libérés grâce à l’accord Shalit.

Selon la Dixième chaîne, Netanyahu a ordonné à l’armée d’arrêter d’autres prisonniers libérés par l’accord de 2011 avec le Hamas parce qu’il se sentait « sous pression » et obligé de répondre au fait que c’était un prisonnier libéré par Israël, grâce à l’accord controversé Shalit qu’il avait approuvé. Celui-ci avait commis l’assassinat de Baruch Mizrahi la veille de Pessah.

Il a donc demandé à l’agence de sécurité du Shin Bet et à l’armée d’effectuer des arrestations en masse.

Awad et son fils Izz Eddin Hassan Ziad Awad ont été arrêtés le 7 mai par une unité d’élite anti-terroriste de la police israélienne, en collaboration avec le Shin Bet. Depuis que l’opération « Gardien de nos frères » a commencé, 55 autres prisonniers de sécurité palestiniens libérés dans le cadre de l’accord Shalit ont été à nouveau arrêtés pour avoir récidivé.

Alors que certains ont été arrêtés pour avoir violé les conditions de leur libération – par exemple, en participant de nouveau à des activités terroristes – d’autres ont été arrêtés pour des délits mineurs, tels que l’entrée illégale en Israël, selon le reportage télévisé.

Le système judiciaire israélien travaillait d’arrache pied lundi soir à la préparation des actes d’accusation qui enverraient certains des prisonniers à la prison pour continuer à purger leurs peines initiales. D’autres ont été placés en détention administrative en attendant que les accusations portées contre eux soient examinées.

Ces 55 prisonniers se rajoutent aux 76 des 1 027 prisonniers libérés dans l’accord Shalit, qui ont de nouveau été arrêtés depuis leur libération en 2011.

Parmi ceux qui ont été récemment arrêtés, se trouve le gréviste de la faim Samer al-Issawi, qui a été libéré de prison en décembre dernier. La Dixième chaîne a déclaré qu’Israël est maintenant catégoriquement opposé à toute libération de prisonniers palestiniens qui font la grève de la faim, afin de ne pas répéter le précédent Issawi.

L’habitude israélienne de libérer des prisonniers en échange des soldats enlevés et d’autres Israéliens captifs a toujours été très controversée. Des sources de renseignement estiment que 60 % de ceux qui ont été libérés par ces accords disproportionnés au fil des décennies ont par la suite été incarcérés de nouveau pour terrorisme.

La décision de Netanyahu de libérer 78 prisonniers palestiniens dans le cadre de l’effort de paix, qui a échoué en avril, a également suscité des critiques nationales considérables.

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) et le ministre de l’Economie Naftali Bennett (Habayit Hayehudi) se sont prononcés depuis l’enlèvement des trois adolescents contre l’idée d’un échange de prisonniers pour obtenir leur libération, et en faveur d’une législation empêchant ces échanges est en train de faire son chemin à la Knesset.

L’embargo dans l’affaire Mizrahi a été levé lundi, conduisant le Shin Bet à annoncer que l’homme qui avait abattu le policier au repos avait été libéré par Israël trois ans plus tôt.

La fusillade a été religieusement motivée, a déclaré le Shin Bet. Le père d’Awad avait affirmé à son fils que « selon l’Islam, celui qui tue un Juif va au ciel ».

Awad, qui a passé 12 ans dans une prison israélienne pour l’assassinat de collaborateurs palestiniens avec Israël, a été libéré en 2011 dans le cadre de l’échange de prisonniers contre Shalit avant la fin de sa peine.

Shalit a été retenu en otage à Gaza pendant cinq ans, après avoir été capturé lors d’un raid du Hamas dans le sud d’Israël pendant lequel deux autres soldats israéliens ont été tués.

Mizrahi, un officier de police, a été tué alors qu’il allait à Hébron pour célébrer Pessah avec la famille de sa femme. Sa femme enceinte, Hadas, a été légèrement blessée dans l’attaque.

Lundi, Hadas a déclaré qu’elle avait toujours été opposée aux échanges de prisonniers, y compris ceux qui ont permis la libération de Shalit. Elle a également affirmé qu’elle espérait que les meurtriers de son mari
« obtiennent le châtiment qu’ils méritent : la peine de mort et non la réclusion à perpétuité ».