Le Premier ministre polonais se réfère à « nos frères juifs » dans son discours inaugural
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Le Premier ministre polonais se réfère à « nos frères juifs » dans son discours inaugural

Mateusz Morawiecki a cité un groupe de résistance nazi et un syndicat anti-soviétique comme "véritables preuves de ce que signifie être Polonais".

Le nouveau Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki fait un dscours devant les députés au parlement de Varsovie, le 12 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Janek Skarzynski)
Le nouveau Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki fait un dscours devant les députés au parlement de Varsovie, le 12 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Janek Skarzynski)

Dans son premier discours en tant que Premier ministre de Pologne, Mateusz Morawiecki a indiqué que les Polonais non-juifs qui ont sauvé leurs « frères juifs » durant la Shoah représentent « l’essence même de ce que signifie être Polonais ».

Morawiecki, un ancien banquier, qui, au mois de septembre, avait évoqué ses origines juives – deux de ses tantes le sont – dans un discours sur les sauveurs de Juifs à Varsovie a présenté son discours inaugural devant le Parlement mardi.

Ces propos sur les juifs sont inhabituels en raison de la référence aux « frères ». Il est également rare de la part d’un Premier ministre d’inclure le sujet dans un discours inaugural.

Morawiecki, qui était ministre des Finances avant sa promotion à l’occasion d’un remaniement surprise survenu au sein du gouvernement du parti de droite du Droit et de la justice, a essentiellement parlé d’économie et de politique étrangère.

Mais, évoquant le sujet de l’identité nationale, il a déclaré que « la profonde dimension communautaire est inscrite dans notre tradition : L’assistance aux personnes en fuite, Zegota sauvant nos frères juifs, Solidarité. C’est la véritable preuve de ce que signifie être polonais et de ce qu’est notre communauté ».

Żegota est le nom d’un groupe de résistants juifs qui avait aidé les Juifs pendant l’Holocauste. Solidarité était le nom d’un mouvement anti-communiste dans lequel le propre père de Morawiecki était actif lorsque la Pologne était soumise à l’Union soviétique.

Morawiecki, 49 ans, a succédé à Beata Maria Szydło, elle aussi issue du parti de droite, qui assumait ce poste depuis 2015.

Morawiecki, qui n’était même pas membre du parti du Droit et de la justice il y a encore deux ans, a rejoint le gouvernement aux fonctions de ministre du développement économique en 2015 avant de prendre la tête du ministère des Finances l’année dernière.

Ses racines juives sont connues en Pologne. Morawiecki les avait évoquées en donnant quelques détails au début de l’année lors d’une cérémonie organisée au zoo de Varsovie en l’honneur de l’un de ses anciens directeurs et de son épouse, Jan et Antonina Żabiński, qui avait sauvé la vie de centaines de Juifs là-bas, et d’autres sauveurs.

Les Polonais non-juifs ont tué au moins 1500 Juifs dans une série de pogroms durant et directement après l’Holocauste, selon le grand rabbin polonais Michael Schudrich.

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