Le Premier ministre roumain, le social-démocrate Victor Ponta, a suscité lundi de vives critiques après avoir comparé le « régime » du chef de l’Etat de centre-droit Traian Basescu au « régime nazi », l’opposition l’accusant de « banaliser l’Holocauste ».

« Je pense que les effets de ces dix ans de régime Basescu sur la société roumaine sont assez semblables à ceux du régime nazi en Allemagne », a déclaré Ponta dans une interview dimanche soir.

En guerre ouverte contre le président, dont le mandat s’achève en décembre, le Premier ministre n’a pas donné de détails sur ces similitudes supposées.

« Nous exprimons notre indignation à l’égard de cette comparaison et estimons qu’elle représente une banalisation vulgaire de l’Holocauste », a indiqué le Parti national libéral (PNL, opposition de centre-droit).

« La légèreté avec laquelle le chef du gouvernement roumain traite cette question sensible et controversée est inacceptable », a ajouté le PNL, appelant Ponta à s’expliquer.

Basescu a pour sa part « fermement protesté » contre ces propos, « qui portent gravement atteinte à la crédibilité de l’Etat roumain ».

« Le régime nazi en Allemagne a provoqué des millions de morts, victimes de l’Holocauste. Par sa déclaration, M. Ponta offense l’Otan et l’UE, en laissant entendre que pendant 10 ans elles ont coopéré avec une Roumanie ‘nazie' », a lancé de son côté l’ex-ministre de la Justice Monica Macovei.

Les propos du Premier ministre ont également été dénoncés par Monica Macovei, le président du Parti populaire européen (PPE), qui a appelé les socialistes au Parlement européen à « s’en distancier ».

Un sénateur social-démocrate et porte-parole de cette formation, Dan Sova, avait déjà provoqué un tollé en 2012 en niant le rôle de la Roumanie dans l’Holocauste. Il avait notamment affirmé qu' »aucun Juif n’a souffert sur le territoire roumain » sous le régime pronazi d’Ion Antonescu.

Le sénateur avait par la suite présenté ses excuses.

Au total 280 000 à 380 000 Juifs roumains et ukrainiens sont morts pendant l’Holocauste en Roumanie et dans les territoires alors sous son contrôle, selon un rapport d’une commission d’historiens présidée par le prix Nobel de la Paix Elie Wiesel.