BOGOTA, Colombie – Mercredi, accueillant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président colombien Juan Manuel Santos a remercié Israël de la promotion de la paix faite dans son pays, citant en particulier les efforts de Jérusalem pour désamorcer les mines.

« Israël a été un ami et un allié de la Colombie, et dernièrement, il a été un grand allié dans la construction de la paix dans notre pays, a dit Santos. Vous nous avez offert de l’aide dans plusieurs domaines, notamment, mais pas uniquement, dans quelque chose de très humanitaire, qui est le retrait des mines anti-personnelles. »

En raison de la guerre civile qui remonte à 52 ans, la Colombie a longtemps été le pays comptant le plus grand nombre de mines anti-personnelles après l’Afghanistan.

Santos, citant ce fait, a indiqué que « nous sommes dans un processus de correction de cette situation honteuse », a-t-il dit depuis le palais présidentiel, la Casa de Nariño. « Nous aimerions renforcer les relations magnifiques dont nous jouissons depuis tant d’années. Comme toutes les relations, il est toujours possible de l’approfondir. Nous voulons coopérer plus encore avec Israël. Vous avez beaucoup de ce dont nous avons besoin, et nous avons beaucoup de ce dont vous avez besoin. »

La visite éclair de trois heures de Netanyahu à Bogota était dominée par les discussions sur la contribution potentielle d’Israël aux efforts « post-conflit » de la Colombie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au palais présidentiel de Bogota, le 13 septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au palais présidentiel de Bogota, le 13 septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)

Avant de s’adresser à la presse, Netanyahu et Santos ont signé un accord de coopération dans le domaine du tourisme.

Le 24 novembre 2016, le gouvernement colombien et les FARC, les Forces révolutionnaires armées de Colombie, ont signé un accord de paix qui a mis fin à la sanglante guerre civile.

Plus de 225 000 Colombiens ont été tués et huit millions d’entre eux déplacés pendant le conflit. L’accord de paix, signé après quatre ans d’intenses négociations, permet le désarmement des FARC et leur intégration dans la vie civile.

Entre 1990 et 2015, plus de 11 400 personnes ont été tuées ou blessées par des mines ou des munitions non explosées en Colombie. L’accord de paix a fait diminuer le nombre de victimes, mais en 2016, la Colombie a encore connu 89 décès, et 18 pendant le premier semestre 2017, selon les Nations unies.

En septembre 2016, l’Autorité d’action nationale contre les mines d’Israël, placée sous l’autorité du ministère de la Défense, a accueilli huit Colombiens pour une semaine de formation aux procédures de désarmement des mines.

Après l’accord de paix historique, pour lequel Santos a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2016, le gouvernement colombien a créé un ministère spécial, entièrement dédié aux sujets « post-conflit ». Il gère actuellement 200 projets d’infrastructures nationales, et Israël cherche à être impliqué dans beaucoup d’entre eux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au palais présidentiel de Bogota, le 13 septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au palais présidentiel de Bogota, le 13 septembre 2017. (Crédit : Raul Arboleda/AFP)

« Nous sommes excités par les opportunités post-conflit qui sont présentées en Colombie », a dit Netanyahu. Il a discuté avec Santos des différents domaines dans lesquels les deux pays veulent renforcer leur coopération, notamment dans l’agriculture, la gestion de l’eau, le tourisme et la cyber-sécurité.

Il a également annoncé que le défunt Fonds d’innovation Colombie – Israël allait être relancé. « Peut-être allons-nous enfin apprendre à faire un bon café », a-t-il plaisanté.

Santos a lui aussi promis de renforcer la coopération bilatérale, et a salué les technologies israéliennes.

« Votre pays, Israël, est un leader mondial en termes d’innovations, a-t-il dit à Netanyahu. Nous aimons dire que les Colombiens naissent innovateurs. Mais si nous apprenons de vous comment canaliser cette innovation pour aller vers le progrès, alors nous serons capables de faire beaucoup mieux. »

Netanyahu a également parlé de la menace du terrorisme islamique mondial, affirmant qu’il avait « deux sources », l’Etat islamique et l’Iran.

« Ceci a produit une nouvelle relation entre Israël et les pays arabes, parce qu’ils ne voient plus Israël comme un adversaire, mais comme un allié indispensable contre ces forces qui veulent ramener l’humanité de son futur fantastique à son passé barbare », a-t-il dit.

« L’Iran envoie ses forces et ses terroristes partout, même en Amérique latine. Nous pensons que tous les pays devraient s’unir, [tout] comme Israël coopère avec les pays arabes, pour empêcher l’extension de l’agression iranienne. »

En 2013, Israël et la Colombie, qui fêtent cette année les 60 ans de la mise en place de relations diplomatiques, en 1957, ont signé un accord de libre échange qui doit encore être ratifié par le parlement colombien. Santos a indiqué qu’il entrerait en œuvre « dans les prochains mois ».

En 2016, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint les 850 millions de dollars. Près de 100 entreprises israéliennes sont présentes en Colombie.

Pendant la présidence de Santos, qui ne pourra pas se présenter à l’élection de l’année prochaine car le nombre de mandats possibles est limité, la Colombie est devenue l’un des meilleurs amis d’Israël en Amérique latine.

Après sa visite éclair de trois heures à Bogota, Netanyahu a repris l’avion pour se rendre au Mexique, où il doit rencontrer jeudi le président Enrique Peña Nieto et la communauté juive. Vendredi, il partira pour New York, où il doit rencontrer le président américain Donald Trump lundi. Mardi, il s’adressera à l’Assemblée générale des Nations unies avant de revenir en Israël.

Lundi, Netanyahu est arrivé en Argentine pour une visite de deux jours, devenant ainsi le premier Premier ministre israélien en exercice à se rendre en Amérique latine.