Le dirigeant de de la commission d’enquête des Nations unies sur le conflit de Gaza de 2014 entre Israël et le Hamas a annoncé lundi qu’il se retirait de ses fonctions.

Le professeur canadien de droit international, William Schabas, a envoyé une lettre à la commission de l’ONU, en citant les affirmations israéliennes selon lesquelles il aurait un parti pris en raison de son travail de consultant pour l’Organisation de la Libération de la Palestine (OLP), indique Reuters.

En 2012, Schabas avait été payé 1 300 dollars pour un article juridique écrit pour l’OLP. Il explique que ce travail n’est en aucun cas différent des services qu’il a pu fournir à d’autres organisations.

Se présentant comme une victime
d’« attaques malveillantes », Schabas déclare qu’il ne souhaite pas que ces accusations jettent une ombre sur l’enquête.

« Mon point de vue sur Israël et la Palestine, comme tant d’autres, était connu du public, poursuit-il dans sa lettre. Ce travail pour défendre les droits de l’Homme ont fait de moi une cible d’attaques malveillantes. »

« Je suis persuadé qu’il est difficile de continuer à travailler alors qu’une procédure est cours pour examiner si le président de la commission doit être destitué », ajoute Schabas.

La commission indépendante d’enquête de l’ONU sur le conflit de Gaza de 2014, chargé par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU d’enquêter sur de possibles crimes de guerre, doit rendre son rapport en mars.

Schabas informe dans son courrier que le travail de recherche est quasiment fini et que la phase d’écriture avait commencé.

Les deux autres experts de la commission sont Doudou Diene du Sénégal, qui s’est assuré qu’il n’y avait pas d’actes raciste en Côte d’Ivoire après la fin du conflit ivoirien, et l’ancienne juge de la Cour suprême de New York, Mary McGowan.

Bien que le rapport devrait se concentrer sur les violations israéliennes au cours de la guerre de l’été entre Israël et la bande de Gaza, un communiqué de presse publié à la fin du mois de décembre indiquait que le rapport inclurait « des enquêtes sur les activités des groupes armés palestiniens à Gaza, y compris les attaques sur Israël, ainsi que l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza et les actions israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est ».

La commission a été décrite par les responsables israéliens comme injuste et qualifié de « tribunal bidon ».

La nomination de Schabas en août a rendu furieux Israël, qui l’a accusé d’avoir une opinion très critique vis-à-vis de l’Etat juif. Schabas avait déclaré dans le passé qu’il serait heureux de voir le Premier ministre Benjamin Netanyahu poursuivi pour crimes de guerre.

Jérusalem avait informé qu’il ne voulait pas coopérer avec l’enquête ou envoyer des fonctionnaires témoigner, bien que la commission ait cherché à obtenir des témoignages israéliens.

Le mois dernier, un groupe d’Israéliens, qui incluait la mère d’un petit garçon de 4 ans tués par un tir de mortier, a témoigné devant le panel à Genève.