Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a dénoncé mercredi dans des propos d’une rare fermeté les agissements du groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak en le qualifiant de « virus » destructeur pour la communauté musulmane.

« Daesh (l’acronyme arabe de l’EI) est un virus destiné à diviser et à détruire l’Oumma (la communauté des musulmans) », a déclaré M. Erdogan lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue irakien Fouad Massoum.

La Turquie a été souvent accusée ces derniers mois pour ne pas s’impliquer suffisamment dans la lutte contre les djihadistes, qui occupent de larges pans des territoires syrien et irakien le long de sa frontière sud.

« Une stratégie internationale est essentielle pour éradiquer cette mouvance. Même si nous parvenons à détruire Daesh, un autre groupe émergera sous un autre nom », a ajouté le chef de l’Etat turc. « D’où viennent ses armes, ses moyens? Nous devons nous concentrer là-dessus », a-t-il insisté devant son hôte.

Le régime turc a été à de nombreuses reprises lui-même accusé de soutenir les groupes rebelles les plus radicaux hostiles au régime du président syrien Bashar el-Assad, sa bête noire, y compris le groupe Etat islamique. Ankara a toujours nié ces allégations.

Sous la pression des critiques de ses alliés occidentaux, la Turquie a récemment renforcé les contrôles à ses frontières pour tenter de ralentir le flux des combattants étrangers, notamment européens, qui rejoignent les groupes jihadistes par son territoire.

Son ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a indiqué mardi lors d’une visite aux Etats-Unis que son pays avait placé sur sa liste d’interdiction d’entrée sur son sol un total de 12 800 personnes soupçonnées de vouloir rallier les rangs de l’EI.