Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rencontré lundi le roi Salmane d’Arabie saoudite, a indiqué l’agence Spa, un entretien qui s’inscrit, selon des analystes, dans les efforts saoudiens de fédérer les pays sunnites contre l’Iran chiite mais aussi contre l’organisation Etat islamique.

Les chefs d’Etat saoudien et turc ont évoqué les « moyens d’améliorer la coopération bilatérale dans différents domaines et problématiques communes » ainsi que les développements internationaux, a rapporté Spa.

Erdogan succède au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui s’est entretenu dimanche avec le roi saoudien Salmane, et précède le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, attendu par le monarque dans la semaine.

« Le Pakistan et l’Arabie coordonnent depuis longtemps leurs positions », a souligné un responsable pakistanais sous couvert d’anonymat, confirmant la visite de deux jours de Sharif

Les dirigeants du Qatar, du Koweït, de la Jordanie et des Emirats arabes unis ont déjà fait le déplacement à Ryad, et d’autre chefs d’Etat arabes sont attendus, selon Nawaf Obaid, chercheur invité au Belfer Center de l’Université d’Harvard.

Erdogan est arrivé à Ryad après un pèlerinage à la Mecque et une visite de Médine, deux des lieux les plus saints de l’islam.

« L’Arabie saoudite est en train de re-dynamiser sa politique étrangère pour replacer le royaume dans son rôle de fédérateur principal du monde sunnite grâce à ses avantages uniques », selon le chercheur, en référence aux lieux saints de l’islam situés en Arabie saoudite, mais aussi à son économie et à son statut de premier exportateur mondial de pétrole.

« Il est clair que les choses sont en train de prendre un tour très différent de celui de ces dernières années », ajoute Obaid, quelques semaines seulement après l’arrivée sur le trône de Salmane, qui a succédé en janvier au défunt Abdallah.

« Tant que vous pouvez commencer à avoir de sérieuses discussions entre puissances sunnites, alors vous pouvez commencer à dessiner une politique pour s’occuper de l’Iran et de l’EI », acronyme de l’organisation Etat islamique, estime le chercheur.

L’Arabie saoudite participe à une coalition internationale menée par les Etats-Unis pour lutter contre le groupe extrémiste sunnite qui multiplie les atrocité sur les territoires qu’il occupe en Irak et en Syrie.