La principale confédération syndicale norvégienne s’est prononcée vendredi pour un boycott d’Israël, une décision immédiatement condamnée par la diplomatie israélienne qui l’a jugée « immorale ».

Contre l’avis de la direction, les délégués de LO (sans rapport avec le parti politique français du même nom) réunis en congrès ont voté par 197 voix contre 117 en faveur d’un boycott économique, culturel et académique international de l’État hébreu en réponse à l’impasse actuelle de la question palestinienne.

La confédération syndicale, qui a aussi appelé à une reconnaissance norvégienne d’un État palestinien dans les frontières de 1967, a été désavouée par le gouvernement.

« Gouvernement opposé au boycott d’Israël. Inquiet de la décision de LO. Un boycott crée de la distance. Nous devons avoir des liens étroits tant avec les Israéliens qu’avec les Palestiniens », a réagi le ministre des Affaires étrangères, Børge Brende, sur Twitter.

Børge Brende (Crédit : Eric Miller/CC BY-SA 2.0/Wikimedia commons)

Børge Brende (Crédit : Eric Miller/CC BY-SA 2.0/Wikimedia commons)

L’ambassade d’Israël à Oslo a aussi « condamné dans les termes les plus vifs » la décision syndicale.

« Cette résolution immorale illustre les biais, la discrimination et le deux poids, deux mesures profondément ancrés à l’encontre d’Israël », a estimé l’ambassadeur Raphael Schutz dans un courriel à l’AFP.

Notant que LO réclamait aussi le démantèlement de la barrière de sécurité mise en place par Israël avec les territoires palestiniens, M. Schutz a ajouté qu' »en adoptant ces positions, LO s’est placée aux côtés des pires ennemis d’Israël ».

La Norvège avait accueilli au début des années 1990 des pourparlers israélo-palestiniens qui avaient débouché sur les accords d’Oslo, aujourd’hui moribonds.