Le tribunal palestinien anti-corruption a reporté dimanche son verdict à l’encontre de l’ex-homme fort du Fatah à Gaza, Mohammad Dahlane, tombé en disgrâce auprès du président de l’AP Mahmoud Abbas, affirmant attendre une décision de la Haute cour de justice sur la levée de l’immunité parlementaire de l’accusé.

Dahlane, ex-député du Fatah de M. Abbas désormais exilé aux Emirats arabes unis, a déjà été condamné en mai en son absence à deux ans de prison pour une autre affaire. La justice avait alors pu le condamner parce qu’il avait perdu son immunité parlementaire.

La levée de l’immunité d’un député palestinien ne peut être obtenue que par un vote du Parlement, explique son avocat Me Salameh Halaseh, or cela n’a pas été le cas pour M. Dahlane car le Parlement palestinien ne se réunit plus depuis la guerre fratricide qui a opposé le Fatah et le Hamas et conduit à la prise de Gaza par ce dernier en 2007.

C’est donc pour statuer sur la légalité de cette levée d’immunité de M. Dahlane que Me Halaseh a déposé un recours devant la Haute cour de justice.

« Le 18 mars, la Haute cour statuera sur l’immunité parlementaire de M. Dahlane », poursuit Me Halaseh. Et dimanche, « le tribunal anti-corruption a indiqué avoir adressé une lettre à la Haute cour pour qu’elle l’informe de sa décision ».

« C’est un nouveau coup de théâtre », a estimé Me Sévag Torossian, l’autre avocat de Dahlane, qui, inlassablement depuis le début en décembre de ce procès, dénonce « une justice aux ordres ».

Dahlane, lui aussi, dénonce régulièrement sur sa page Facebook des « décisions politiques » prises par Abbas pour écarter un concurrent gênant.

Le colonel Dahlane, considéré comme le protégé des Etats-Unis, ministre chargé de la Sécurité intérieure après avoir dirigé la Sécurité préventive dans la bande de Gaza, était tombé en disgrâce en raison de la déroute de ses forces face au Hamas en 2007.

Progressivement revenu dans le jeu politique à la faveur de son élection au Comité central du Fatah en 2009, il en a finalement été totalement écarté, sa condamnation en mai pour diffamation lui interdisant de briguer la succession de M. Abbas.