BUENOS AIRES, Argentine – L’affaire Alberto Nisman doit faire l’objet d’une enquête pour meurtre, selon le procureur spécial chargé d’enquêter sur la mort du procureur spécial qui enquêtait lui-même sur l’attentat à la bombe perpétré en 1994 au centre juif AMIA.

Le procureur Eduargo Taiano a également identifié mercredi un suspect dans l’affaire : Diego Lagomarsino, un employé informatique aux bureaux de Nisman.

Taiano a demandé au juge de l’affaire Nisman d’interroger Lagomarsino en tant que participant à un projet d’assassinat. Selon le procureur, Lagomarsino a fourni l’arme utilisée pour simuler un suicide.

En janvier 2015, Lagomarsino a déclaré qu’il s’était rendu à l’appartement de Nisman pour lui donner un « très vieux » pistolet de calibre 0.22, afin de se protéger après que Nisman a craint d’être pris pour cible par les partisans de Cristina Fernandez de Kirchner.

Quelques heures plus tard, Nisman a été retrouvé mort par une balle tirée à bout portant au-dessus de son oreille droite. Lagomarsino avait seulement été chargé de prêter l’arme à Nisman.

Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)

Mercredi, Taiano a demandé que l’affaire soit formellement classée comme « homicide », en changeant la désignation précédente de « mort suspecte », ce qui est une nouvelle tournure dans cette affaire complexe.

Le procureur a demandé la mise en place de ces nouvelles mesures après avoir analysé un rapport produit en septembre par des enquêteurs médico-légaux de la garde de la patrouille frontalière du pays.

Le procureur a également demandé une enquête sur les agents de police chargés de la sécurité de Nisman. Quatre membres de l’équipe sur les 10 gardes ont été accusés mercredi d’avoir manqué à leurs devoirs.

Le corps de Nisman a été retrouvé le 18 janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne présente des preuves aux législateurs argentins que Kirchner a dissimulées sur le rôle de l’Iran dans l’attaque du centre de Buenos Aires qui a fait 85 morts et des centaines de blessés.

Cristina Fernandez Kirchner, le 1er octobre 2015 (Crédit : YouTube/AFP News Agency)