Lors d’une réunion organisée à la dernière minute lundi, le Comité de planification et de construction du district de Jérusalem a approuvé la construction de 500 appartements dans le quartier de Ramat Shlomo qui se trouve au-delà de la ligne verte à Jérusalem-Est.

Même si à l’origine le plan consistait à construire 640 unités, ce nombre a été réduit à 500 lors de la réunion de lundi, organisée la nuit précédente à la demande du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui avait promis de faire avancer le projet.

Les Etats Unis ont aussitôt condamné la décision de poursuivre ce projet.

« Il est malheureux qu’après l’opposition unanime et sans équivoque de la communauté internationale à la construction dans Jérusalem en cette période sensible, les autorités aient décidé de poursuivre [ce projet] », indique Edgar Vasquez, le porte-parole du Bureau des Affaires au Proche-Orient du Département d’Etat américain.

« Nous continuons à nous engager au plus haut niveau avec le gouvernement israélien pour affirmer clairement notre position sur les activités d’implantations que nous considérons comme étant illégitimes et nous nous opposons sans équivoque à toutes mesures unilatérales qui portent préjudice au futur de Jérusalem », ajoute-t-il.

Le travail du Comité de planification est d’examiner et d’approuver les grands chantiers de construction et d’étudier toutes les objections soulevées, aussi bien par les représentants des ministères du gouvernement, les autorités locales, les ingénieurs ou les architectes. Ce comité relève du ministère de l’Intérieur.

Le projet de Ramat Shlomo fait partie d’un projet plus large de développement qui prévoit la construction d’environ 1 000 appartements dans les quartiers de Jérusalem situés au-delà de la ligne antérieure à 1967, qui sépare les zones contrôlées par les Jordaniens des zones contrôlées par Israël : la Ligne verte.

L’organisation La Paix Maintenant indique que cette autorisation de construction ne servira qu’à rendre les relations entre Israël et les Etats Unis encore plus tendues.

« Cette autorisation ajoute de l’huile sur le feu diplomatique et de la crise entre Israël et les Etats Unis », affirme l’organisation dans une déclaration. « La poursuite de la construction est une autre étape vers la transformation de l’idée d’une solution à deux Etats en une idée purement théorique ».

La porte-parole de La Paix Maintenant, Hagit Ofran, a précisé à l’AFP que le projet avait été gelé depuis 2006 mais qu’avec cette nouvelle autorisation, la construction pourrait commencer d’ici 6 à 12 mois.

Même si Israël considère Jérusalem-Est comme faisant partie de sa capitale, la communauté internationale qualifie régulièrement les constructions dans cette zone d’implantations comme étant préjudiciables pour le processus de paix avec les Palestiniens.

La semaine dernière, Netanyahu a donné son feu vert à la construction de 600 maisons à Ramat Shlomo et 400 autres à Har Homa, deux quartiers juifs qui se situent au-delà de la Ligne verte à Jérusalem.

L’annonce de lundi survient au moment où la tension est à son comble à Jérusalem suite à une série d’incidents violents. La semaine dernière, un activiste du mont du Temple a été blessé après avoir reçu plusieurs balles tirées à bout portant par un Palestinien, qui a ensuite été tué par la police lors d’une fusillade. Cet incident a été accompagné d’une série de manifestations violentes dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est.

La semaine dernière, la nouvelle de la construction de 1 000 maisons avait été condamnée par les Etats-Unis, l’UE, la Jordanie et les Palestiniens.

« La poursuite de la construction israélienne au-delà de la Ligne verte est incompatible avec le désir affirmé de vivre dans une société
paisible », avait affirmé la porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki.

Durant le mois d’octobre, les autorités de Washington avaient vertement critiqué Jérusalem pour son projet de développer un nouveau quartier dans la zone de Givat Hamatos. Elles ont affirmé que cette construction à Jérusalem-Est « empoisonnerait l’atmosphère » et pourrait éloigner Israël « de ses plus proches alliés ».

Les tensions entre Washington et Jérusalem « flambent » selon The Atlantic. Le journal a indiqué la semaine dernière qu’il y avait « une crise sans précédent » entre les alliés de long terme et a cité un fonctionnaire haut placé de l’administration américaine qui aurait traité le Premier ministre israélien de « poule mouillée ».

La Maison blanche a, plus tard, condamné cette insulte et le secrétaire d’Etat John Kerry a personnellement téléphoné à Netanayhu pour lui présenter ses excuses au nom de l’administration américaine.

L’AFP a contribué à cet article.