Un projet de loi controversé qui permettrait à Israël de nourrir de force les prisonniers en grève de la faim a été adopté par une commission de la Knesset mardi et a été soumis à une procédure rapide pour le vote final, alors que la plupart des membres de la commission étaient absents des discussions.

Le projet de loi permettrait au président d’une cour de justice d’autoriser le traitement médical forcé d’un détenu, s’il est clair que sans cela, le prisonnier serait en danger.

Les procédés de traitement peuvent comprendre une perfusion intraveineuse ou l’insertion d’une sonde d’alimentation gastrique. La version finale du projet de loi comprend également une clause en vertu de laquelle un médecin qui refuse de nourrir de force un détenu serait tenu par la loi de transférer le prisonnier à un autre médecin prêt à l’effectuer.

Le débat parlementaire sur le projet de loi, qui sera présenté au vote de la Knesset la semaine prochaine, se déroule en plein milieu d’une grève de prisonniers palestiniens qui a démarré le 24 avril.

Depuis sept semaines, au moins 65 des 290 détenus participant à cette grève de la faim ont été hospitalisés. Les prisonniers font grève pour protester contre l’utilisation par Israël de la détention administrative, qui permet aux forces de sécurité de retenir des détenus, sans aucune charge, pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment, dans une procédure datant du mandat britannique.

Quelque 5 000 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, dont près de 200 en détention administrative.