Après que les ministres israéliens aient donné le feu vert à un projet de loi réglementant l’euthanasie pour des malades en phase terminale, le ministre dédié aux personnes âgées a fait appel de cette décision affirmant qu’il allait travailler à « sauver le système de cette pilule de mort ».

Le ministre des seniors Uri Orbach (Habayit Hayehudi) a introduit un recours lundi lors du comité ministériel contre le projet de loi sur l’euthanasie approuvé dimanche par les députés Ofer Shelah (Yesh Atid) et Zahava Gal-On (Meretz).

Le projet de loi, adopté dimanche par un vote à la majorité au sein d’un comité ministériel établit qu’on pourrait accorder une ordonnance pour une dose mortelle d’anesthésique pour un patient défini comme « terminal », et que le médecin prescripteur ne pourrait être tenu pénalement responsable.

La loi accorderait au patient une certaine liberté de choix et de contrôle sur sa vie si la douleur et la souffrance deviennent insupportables, selon le député Ofer Shelah.

Les législateurs religieux ont déclaré qu’ils s’opposeraient à la mesure. C’est le cas du ministre Uri Orbach, sioniste-religieux, qui a écrit sur sa page Facebook que ce projet de loi était une marchandisation de la mort.

« La mort est en train de devenir une marchandise ou un service accordé aux citoyens. Les pauvres médecins devraient maintenant permettre la mort de leurs patients en phase terminale en plus des soins médicaux. Ce faux libéralisme prétend que tout est négociable tant que c’est la volonté libre du client. Toute autre valeur, qu’elle soit sociale, religieuse ou juridique lui est donc jetée au visage » a écrit Orbach.

En 2005, Israël a adopté une loi permettant aux médecins de pratiquer l’euthanasie passive par l’arrêt des mesures de sauvetage, après des années de négociations avec les autorités religieuses et médicales.

L’approbation de l’avant-projet de loi actuel a déclenché une vague de réactions de la part des dirigeants religieux dimanche soir. Le Grand rabbin ashkénaze David Lau a exprimé son opposition, en affirmant qu’« un médecin peut être un guérisseur ; mais s’il est incapable de guérir, il n’a pas le pouvoir de tuer. Il a le droit de donner des médicaments contre la douleur, et même à de très fortes doses à l’approche de la mort, mais il n’a pas le droit de tuer ».