Un projet israélien visant à doubler la taille de la ville palestinienne de Qalqilya, située dans le nord de la Cisjordanie, a suscité la colère des habitants des implantations.

Ce projet, a annoncé la Deuxième chaîne mercredi, verrait la construction de 14 000 nouveaux logements construits sur 250 hectares environ, dans la zone C, contrôlée par Israël, qui entoure la ville. Il viendrait potentiellement multiplier par deux la population de la municipalité, la faisant passer de 50 000 à 110 000 habitants.

Des sources proches du ministère de la Défense ont expliqué à la chaîne de télévision que ce projet n’était pas nouveau et entrait dans le cadre de l’approche « de la carotte et du bâton » mise en œuvre par le ministre de la Défense Avigdor Liberman, pour faciliter la vie des Palestiniens.

Mais les dirigeants des implantations ont réagi avec indignation à l’information.

Le chef du conseil de Samarie, Yossi Dagan, a accusé le gouvernement de « prendre la ville de Qalqilya, qui a produit tant d’attentats terroristes, pour lui faire un cadeau ».

L’approbation de 14 000 logements, a-t-il souligné, « c’est sept fois ce que les quatre conseils juifs dans leur ensemble ont reçu dans toute la Judée et la Samarie ».

Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, pendant la 14e conférence annuelle de l'association Besheva à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, pendant la 14e conférence annuelle de l’association Besheva à Jérusalem, le 12 février 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les habitants des implantations ont également exprimé leur inquiétude, car les nouvelles constructions seraient très proches du territoire de l’implantation de Tzofim.

« Est-ce que ce gouvernement a perdu toute retenue ? Est-ce que nous sommes devenus complètement fous ?, a demandé Dagan. Vous ne pouvez pas tenir un double discours : d’un côté, affirmer que vous faites tout pour les implantations et de l’autre, stopper les constructions au sein des implantations tout en faisant avancer les constructions arabes. »

Le bureau du Premier ministre a pour sa part rejeté les critiques, disant dans un communiqué que le plan avait été « présenté par le ministre de la Défense l’année dernière et approuvé par le cabinet ».

Depuis ce moment, a-t-il noté, « plus de 10 000 logements ont été approuvés à la planification et à la construction au sein des communautés juives, et cette plainte est donc mensongère et absurde. »

La Deuxième chaîne a indiqué que l’ONG de droite Regavim, qui se penche sur les questions de territoire, a prévu de déposer une requête auprès de la Cour pour dénoncer le projet, au nom des résidents de Tzofim.

« Le projet nuit gravement à Tzofim, qui se trouvera dans les faits entouré par une ville palestinienne », a dit Regavim à la Deuxième chaîne. « Cette proposition palestinienne est un désastre en matière de planification. Au lieu d’approuver un maximum de constructions urbaines revues à la hausse sur la base de plans existants, elle permet un niveau bas de constructions sur une zone immense, gaspillant les ressources en terre de manière insensée. »

Les députés Yoav Kisch du Likud et Bezalel Smotrich du parti HaBayit HaYehudi ont estimé que ce projet « dépasse la ligne rouge » et ont indiqué qu’ils demanderaient des clarifications sur ses détails.

Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d'extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)

Une carte de la ville palestinienne de Qalqilya. La zone colorée représente le projet d’extension. (Crédit :autorisation du Conseil régional de Samarie)