Le député du Likud Oren Hazan a été mis en examen mercredi pour des accusations d’agression remontant à trois ans.

Hazan a été inculpé pour une agression supposée datant de 2014 sur un fonctionnaire de la ville d’Ariel, en Cisjordanie, afin qu’il ne prenne ses fonctions de député, dans ce qui semble être un différend à propos d’une dette. Il a été mis en examen pour agression sur agent public et méfait sur la voie publique.

Hazan a renoncé à son immunité parlementaire le mois dernier, en amont des accusations à venir. Le procureur général Avichai Mandelblit a validé la mise en accusation déposée au tribunal de Petah Tikva.

Selon l’acte d’accusation, la mère de Hazan a vu son compte en banque gelé pour ne pas avoir payé les taxes foncières depuis huit ans pour un restaurant appartenant à la famille à Ariel.

Hazan serait allé à la mairie afin de trouver la personne responsable du gel du compte.

Il aurait alors hurlé et injurié un haut fonctionnaire, l’aurait attrapé et jeté contre la rambarde. Le fonctionnaire se serait enfui et serait entré dans une salle de conférence où Hazan, qui le suivait, les a enfermés et aurait dit « personne ne sort d’ici », selon l’acte d’accusation.

Hazan serait alors entré dans le bureau du maire, hurlant et injuriant, refusant de partir, et l’aurait menacé de « s’occuper de lui », de faire en sorte qu’il ne reste pas à son poste de maire.

Les avocats de Hazan ont déclaré en septembre qu’ils étaient déçus par l’inculpation, les charges devant être selon eux abandonnées.

« Nous avons reçu avec peine, déception et même stupéfaction la décision du procureur général de mettre en examen le député Hazan pour une altercation….qui s’est produite il y a plusieurs années, bien avant son élection à la Knesset » ont déclaré les avocats. « Nous pensions que l’affaire était classée… rien ne se passant depuis longtemps ».

Les deux parties ont porté plainte, mais après l’élection de Hazan à la Knesset en mars 2015, l’affaire a été transmise du département de la police de Samarie à l’unité criminelle Lahav 433, et la police a demandé l’accord du procureur général pour procéder à l’enquête.

Yehuda Weinstein au ministère de la Justice à Jérusalem, le 17 mai 2015 (Crédit : Dudi Vaknin / Pool)

Le prédécesseur de Mandelblit, Yehuda Weinstein, a donné le feu vert à la police en juin 2015, après qu’une série d’accusations a été faite au sujet de son comportement précédant son entrée à la Knesset.

En septembre 2015, la police avait déclaré qu’il y avait des « élément probants » allant dans le sens des accusations d’agression de Hazan sur agent public et méfait sur la voie publique.

Hazan a fait l’objet d’une vague de scandales.

Peu après son entrée en politique, la chaîne d’information Deuxième chaîne rapportait que Hazan avait embauché des prostituées pour ses amis, et pris des amphétamines alors qu’il dirigeait un casino en Bulgarie en 2013. Il a poursuivi la journaliste Amit Segal pour diffamation, mais la Cour a rejeté sa plainte, objectant que le reportage représentait un « journalisme responsable, sérieux et reflétait la réalité telle qu’elle est ».

Depuis son élection à la Knesset il y a deux ans, Hazan a raillé en public un collègue handicapé et a été exclu temporairement à deux reprises de la Knesset pour mauvaise conduite. Plus récemment, il a dit à une législatrice dans une réunion d’une commission de la Knesset qu’elle était trop laide pour être une prostituée.