Un responsable du Hamas a confirmé mercredi au Times of Israël que le Qatar et l’Egypte sont impliqués dans la médiation entre l’organisation terroriste et Israël. Il a cependant souligné que le Hamas ne commencerait pas à parler de la libération des civils israéliens qu’il détient, avec les dépouilles de deux soldats israéliens, avant qu’Israël ne libère des dizaines de prisonniers palestiniens.

Le Hamas détiendrait Avraham Mengistu et Juma Ibrahim Abu Anima, deux Israéliens qui ont traversé la frontière gazaouie de leur propre gré, ainsi qu’un autre homme, un civil israélien dont le nom n’a pas été rendu publique et dont la présence dans la bande de Gaza n’est pas confirmée. Le groupe terroriste islamiste détient également les corps d’Oron Shaul et Hadar Goldin, deux soldats israéliens tués pendant la guerre de 2014 dans la bande de Gaza.

Un responsable du Hamas, qui a demandé à rester anonyme, a dit au Times of Israël que la position de l’organisation était claire.

« Nous demandons la libération de 58 prisonniers de l’accord Shalit qui ont été arrêtés après l’enlèvement des trois adolescents avant de parler d’un accord pour le retour des corps [des soldats disparus] et des personnes disparues », a-t-il déclaré.

Il faisait référence à l’enlèvement et au meurtre en 2014 de trois adolescents israéliens en Cisjordanie par une cellule du Hamas. Dans les jours qui ont suivi l’enlèvement, de nombreux soldats israéliens ont fouillé la région de Hébron, dans l’espoir de retrouver les adolescents, des centaines de membres du Hamas ont été arrêtés, dont certains des 1 027 prisonniers palestiniens qui avaient été libérés en 2011 en échange du soldat israélien Gilad Shalit, qui avait été enlevé par le Hamas et a été détenu cinq ans dans la bande de Gaza.

Le site d’information arabe israélien Kul al-Arab a été le premier à annoncer ces discussions mercredi, citant une source « fiable » du Hamas. Selon leur article, Israël serait prêt à libérer 60 prisonniers qui devraient être expulsés au Qatar. Le Hamas aurait refusé l’offre israélienne.

La source du Times of Israël au Hamas a déclaré que Jérusalem avait montré sa volonté de négocier la libération de 58 prisonniers dans le cadre d’un accord qui permettrait le retour de deux Israéliens disparus et du corps des soldats. Le Hamas souligne néanmoins que les prisonniers doivent être libérés avant même que les négociations ne commencent.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

« Nous n’entrerons dans aucune discussion sur les expulsions, parce qu’il est inacceptable qu’Israël continue de détenir en prison des personnes qui ont été libérées dans le cadre d’un accord précédent, a déclaré le responsable du Hamas. Ces personnes ont été emprisonnées pendant plus de deux ans et demi sans avoir commis de crimes ou d’attentats. Personne ne peut garantir qu’Israël ne les réarrêtera pas une nouvelle fois [après leur libération]. »

Il a confirmé l’existence de médiateurs sur ce dossier entre Israël et le Hamas, mais a souligné que, pour l’instant, aucun progrès n’avait été fait.

Il a également confirmé que le Qatar, l’Egypte et d’autres pays étaient impliqués dans la médiation. Le site d’information Walla a déjà annoncé que l’envoyé qatari Muhammad al-Amadi avait servi d’intermédiaire entre les parties pour la possibilité d’un cessez-le-feu à long terme, et pour les Israéliens disparus et les corps des soldats.

Salah Bardawil, répondant à ces informations mercredi, a démenti au site d’information gazaoui Safa News toute médiation entre Israël et le Hamas, que ce soit par le Qatar ou un autre pays.

La semaine dernière, il avait été annoncé que l’Egypte aussi était impliquée dans la médiation d’un accord entre Israël et le Hamas.

Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)

Moussa Abu Marzouk (Crédit : capture d’écran YouTube/Al Jazeera)

Selon le journal Al-Araby Al-Jadeed, Moussa Abu Marzouk, responsable du Hamas, a discuté d’un échange de prisonniers avec des responsables égyptiens en décembre.

Abu Marzouk a salué la médiation égyptienne, mais a posé comme conditions aux négociations que Jérusalem libère 60 membres du Hamas libérés par l’accord Shalit et arrêtés à nouveau depuis.

Ceci représente un changement important des demandes du Hamas, qui a, pendant plus d’un an, demandé qu’Israël libère des centaines de prisonniers dit « prisonniers Shalit ».

Pour tenter de faire pression sur le Hamas, le cabinet de sécurité israélien a décidé dimanche dernier que les corps des terroristes du Hamas tués pendant qu’ils menaient des attaques contre des Israéliens seraient enterrés dans un lieu tenu secret, et non restitués à leur famille.

Marissa Newman a contribué à cet article.