La Qatar a accepté de payer 12 millions de dollars de carburant pour l’unique centrale électrique de la bande de Gaza. Cette décision cherche à mettre fin à la grave crise énergétique qui touche l’enclave palestinienne.

Gaza connait actuellement ses pires coupures de courant depuis des années. Les foyers gazaouis n’ont accès qu’à trois à quatre heures d’électricité par jour, au cœur de l’hiver.

Ces dernières semaines, les habitants de Gaza ont organisé des manifestations spontanées, dont une jeudi soir qui a vu des milliers de Palestiniens descendre dans les rues de Jabaliva, dans le nord de la bande de Gaza, pour demander plus d’électricité. Le Hamas a réprimé les manifestations en arrêtant des manifestants et en s’en prenant aux journalistes couvrant ces évènements.

Le Qatar a accepté cet accord après une réunion dimanche à Doha entre Ismaël Haniyeh, vice-président de la branche politique du Hamas, et le cheickh Tamim ben Hamad Al Thani, émir de l’Etat du Qatar, a annoncé le Hamas.

Suite à la réunion, selon le communiqué du Hamas, le dirigeant qatari a ordonné « une action urgente pour mettre en place plusieurs mesures pour résoudre la crise de l’électricité à Gaza. »

Le président du Comité national qatari pour la reconstruction de Gaza, Muhammad al-Amadi, a appelé le directeur de l’autorité énergétique palestinienne Zafer Milhem, et lui a dit que le Qatar avait accepté de payer quatre millions de dollars par mois pendant les trois prochains mois, a annoncé le site Pal Info Center, lié au Hamas.

Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP), a confirmé l’accord de 12 millions de dollars dans un communiqué adressé au média officiel de l’AP, Wafa. Il a attribué le succès de l’accord à la « communication constante » entre Mahmoud Abbas, président de l’AP, et le Qatar.

Les deux millions d’habitants de la bande de Gaza ont besoin d’environ 450 à 500 mégawatts d’électricité par jour, mais en reçoivent moins de la moitié. Avec le froid de l’hiver, la demande a grimpé, entraînant des coupures de courant.

Samedi, la Turquie avait promis d’envoyer 15 000 tonnes de carburant dans la bande de Gaza.

Une fillette palestinienne fait ses devoirs pendant une coupure de courant au camp de réfugiés d'Al-Shati, à Gaza ville, le 4 janvier 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Une fillette palestinienne fait ses devoirs pendant une coupure de courant au camp de réfugiés d’Al-Shati, à Gaza ville, le 4 janvier 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Les autorités énergétiques ont désespérément besoin d’argent, en partie en raison du nombre de factures impayées. Près de 70 % des foyers ne paient pas leurs factures, parce qu’ils ne peuvent pas se le permettre ou en l’absence de recouvrement, ont estimé les Nations unies.

La vie est de plus en plus difficile pour les Gazaouis, qui s’amassent sur le petit territoire côtier. La violente prise de pouvoir du Hamas il y a près de dix ans a entraîné un blocus israélien et égyptien qui a, entre autre, aggravé les coupures de courant.

Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza au Fatah, qui domine l’AP et la Cisjordanie, pendant une lutte sanglante en 2007.

Les deux parties n’ont pas réussi à former un gouvernement d’unité, et s’affrontent sur les droits de douane sur les imports de carburant.

Des agences ont contribué à cet article.