Le rapport du Quartet sur le Proche-Orient demande à Israël de cesser « d’urgence » sa politique de « colonisation » en Cisjordanie, a indiqué jeudi l’envoyé spécial de l’ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

Le Quartet dénonce aussi du côté palestinien « la violence, le terrorisme et l’incitation à la violence » ainsi que « le manque de contrôle de l’Autorité palestinienne sur Gaza », a-t-il indiqué devant le Conseil de sécurité.

« Ces tendances négatives peuvent et doivent être inversées d’urgence » car elles « minent gravement les chances de paix », a poursuivi M. Mladenov.

Il s’agit, a-t-il énuméré, de « la poursuite de la violence, du terrorisme et de l’incitation à la violence », de la « poursuite de la politique d’expansion des implantations » israéliennes en Cisjordanie , de « la situation à Gaza et du manque de contrôle de l’Autorité palestinienne sur Gaza », aux mains du groupe terroriste du Hamas.

Dans tous ces domaines, le rapport adresse des « recommandations » aux deux camps afin de « faire progresser sur le terrain la solution à deux Etats », c’est-à-dire Israël et un Etat palestinien coexistant pacifiquement.

« Mais soyons clairs sur un point également, a-t-il ajouté, un accord sur le statut permanent (des territoires palestiniens) mettant fin au conflit ne pourra être réalisé que par des négociations directes et bilatérales (entre Israéliens et Palestiniens), dont l’issue ne peut pas être déterminée d’avance par des mesures unilatérales qui ne seraient pas reconnues par la communauté internationale ».

Mladenov s’exprimait avant des consultations à huis clos avec le Conseil où il devait détailler les conclusions du rapport, qui pourrait être divulgué in extenso vendredi.

Il a demandé que le Conseil entérine alors le rapport « et soutienne les efforts du Quartette ».

« J’espère que sur la base du rapport, les deux parties vont dialoguer avec le Quartette pour faire progresser de manière constructive le processus » de paix, dans l’impasse depuis avril 2014, a-t-il conclu. « Il est temps pour les deux camps de relever le défi, (…) un avenir de paix est en jeu ».

Le Quartet comprend Etats-Unis, Russie, Union européenne et ONU. Son rapport –dont l’objectif est de relancer le processus de paix– était en préparation depuis plusieurs mois.

Juste avant la réunion, l’ambassadeur français François Delattre –qui préside le Conseil de sécurité en juin– a estimé que le rapport serait utile au projet français de convoquer d’ici la fin de l’année une conférence internationale.

« Le rapport et la conférence se renforcent mutuellement », a-t-il déclaré à des journalistes. « L’objectif commun est de remettre le processus de paix sur les rails ».